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Une histoire éternellement mauvaise 10/10/2018

Y a pas mal de sujets que j'aurais envie de couvrir actuellement mais comme je manque de temps, il va falloir attendre. Et il a donc fallu choisir par quoi commencer : j'ai opté pour ce qui m'exaspère le plus, à avoir un pseudo roman que j'ai récemment lu et qui m'a donné l'impression de perdre mon temps :
 
La Belle & La Bête : Histoire Éternelle
par Jennifer Donnelly
 
J'ai acheté ce roman il y a plus d'un an, alors que j'arpentais la Fnac avec une amie qui me l'a conseillée. C'était l'époque où on baignait encore dans l'euphorie générée par la sortie du film avec Emma Watson (et dont j'ai déjà parlé sur ce blog, d'ailleurs). J'avais également acheté une version du conte Disney du point de vue de la Bête qui avait ses défauts mais avait ça de bien d'être relativement cohérent. Et puis j'ai réussi à le donner à quelqu'un donc il ne prend plus de place inutile chez moi.
Histoire Eternelle, en revanche...
Pour la faire courte : on commence le "roman" (les guillemets sont là pour signaler que je considère ce truc comme une fanfiction écrite par une adolescente) quand Belle vient d'être sauvée par la Bête qui lui a offert sa bibliothèque avec, en parallèle, la Mort et l'Amour qui font un pari sur la fin ou pas de la malédiction (je vous laisse deviner qui parie quoi). Jusqu'à là, pourquoi pas, je suis d'ailleurs plutôt friande des personnifications de concepts.
Ca se corse quand la Mort décide de tricher (of fucking course, plus prévisible tu meurs) en déposant un livre maléfique - Nevermore - à l'attention de Belle. Celle-ci est décrite comme très malheureuse au château et c'est à partir de ce moment que les incohérences s'enchainent de pages en pages.
Premièrement, puisque le roman est clairement présenté comme un addendum au film Disney, Belle n'a plus aucune raison d'être malheureuse comme les pierres au château. Le film est assez clair là-dessus : après le sauvetage des loups, ils deviennent amis et sa condition s'améliore. Même si elle ne revoit pas son père, cela ne me parait pas logique que Belle éprouve un tel besoin (que celui décrit par le livre) de se réfugier dans un monde fictif, d'autant plus s'il lui fait autant délaisser les objets animés pour qui, et on le voit très bien dans le Disney, elle développe une véritable affection.
Deuxièmement, le bouquin fait clairement passer Belle pour une sombre idiote. Et ça, ça passe pas car Belle n'est pas une courge, en plus d'être, accessoirement, ma princesse Disney préférée. Nous nous retrouvons donc avec une femme supposée intelligente et capable de voir au delà des apparences qui trouve un livre magique, s'y aventure sans prévenir personne et croit tout ce qu'on lui dit sans rien questionner ni voir les indices gros comme le Brésil. Paradoxalement, elle continue d'étaler sa culture tout en en faisant preuve d'aucune. Le parallèle entre Belle et Emma Bovary (on rappelle que l'héroïne de Flaubert se réfugie dans la littérature parce que sa vie ne lui plait pas et que ça finit par la tuer) aurait pu être intéressant mais dans ce cas il aurait fallu enchainer les événements autrement (avec, par exemple, Belle qui trouve le livre en étant encore dans sa cellule ou la première nuit) afin qu'elle ait une raison crédible de vouloir se réfugier dans un univers et que son désespoir puisse véritablement expliquer sa bêtise congénitale tout au long de l'histoire.
Mais non. Pourquoi s'embarrasser de cohérence dans ce genre de littérature avant tout produit pour surfer sur un succès Disney ? Pourquoi le jeune public aurait-il envie d'une bonne histoire crédible avec son héroïne fétiche ?
Je note, néanmoins, un point positif : le personnage d'Otto est vraiment attachant. Comme quoi, Jennifer Donnelly a au moins réussi un truc.
Inutile d'insister sur le fait que j'étais particulièrement énervée de lire ce livre. Inutile aussi, je pense, de développer davantage mon opinion sur le roman. Il est relativement court et c'est écrit gros (probablement parce qu'il est destiné à une cible plus jeune que moi - ce qui peut expliquer en partie que j'ai pas aimé le lire) alors vous pouvez vous faire votre avis en le lisant. Mais je ne vous le conseille pas.

The Good Series 14/09/2018


Il y a quelques semaines j'ai découvert ce qui est devenu mon addiction du moment, la série The Good Doctor, avec Freddie Highmore dans le rôle titre. C'est l'histoire d'un autiste Aspeger interne en médecine et il n'en fallut pas plus pour me convaincre de regarder.
 
Ceux qui me suivent depuis un certain savent en principe que le handicap est un thématique qui me tient à c½ur. Fatalement, j'étais ravie de voir une série (qui plus est créée par David Shore à qui on ne doit rien de moins que la génialissime Dr House) dans laquelle le rôle titre serait celui d'une personne en situation de handicap. On pourrait certes se plaindre que Freddie n'est pas réellement autiste et que donc c'est dommage de ne pas avoir donné sa chance à un "vrai" autiste, ce à quoi je répondrais, encore une fois, que le travail d'un acteur c'est justement de savoir jouer ce(ux) qu'ils ne sont pas.
D'ailleurs, Freddie Highmore (qui m'insupportait assez dans tout ce que j'avais pu voir de sa carrière d'enfant acteur) est excellent dans le rôle délicat et unique de Shaun Murphy. Pour avoir côtoyé des personnes autistes quand j'étais un peu plus jeune, je l'ai trouve convaincant - sachant que le spectre autistique est assez large et qu'il n'y a donc pas une façon d'être autiste, si on peut dire.
Shaun, donc, est un personnage particulièrement attachant et touchant, caractérisé par une aversion profonde pour les questions et unTwitter ui, justement, perdent patientee incapacité quasi congénitale à mentir. S'il ne comprend pas réellement ce qu'est l'amour (et j'espère qu'il finira par changer de point de vue sur ce phénomène parce que ça me fait un peu de la peine pour lui), il sait nous toucher au plus profond de nous-même (pour preuve, je ne pensais pas que la mort d'un lapin fictif pourrait me désespérer à ce point alors que les deux lapins de ma s½ur ont connu des destins tragiques).
Ce que j'apprécie aussi dans cette série, c'est son côté réaliste (plus ou moins, évidemment). Parfois les médecins se trompent (en vrai c'est un peu flippant d'imaginer ça mais... oui ça arrive) ou perdent un patient et surtout, la plupart des collègues de Shaun ne savent pas (ou pas bien) interagir avec lui. Et montrer ça, c'est vachement cool car il est vrai que l'autisme est une condition méconnue, désarmante, face à laquelle on peut perdre patience (d'ailleurs, ce sont les utilisateurs de Twitter qui, justement, perdent patience quand les personnages ne réagissent pas correctement face à l'autisme : moi, je trouve ça génial de montrer que la plupart des gens ne savent pas quoi faire et comment le faire et doivent véritablement apprendre).
Et puis, au final, il y a aussi les intrigues purement médicales qui sont très prenantes (je ne pouvais d'ailleurs pas quitter mon écran des yeux face à l'épisode pilote). On a tout ce qu'on peut attendre d'une série médicale : du drama, du suspense, du sang, des timings serrés et j'en passé.
Côté personnages, pas (encore) trop de drama, à voir comment ça évoluera. Je dois bien avouer que je me concentre surtout sur Shaun, pour qui j'ai un véritablement coup de c½ur comme j'en ai une fois tous les dix ans, mais le personnage du doyen de l'hôpital est également très intéressant. Les sous-intrigues des autres personnages permettent aussi de faire évoluer Shaun du point de vue social (notamment concernant l'amour dont nous parlions plus haut).
En clair, au lieu de vous parler du bouquin d'astrophysique que j'ai récemment fini, je vous conseille vivement The Good Doctor. Paradoxalement, ça parle de médecine mais ça fait du bien (sauf à mon côté nausophobe, certes).

Mamma Mia! Here They Go Again 13/08/2018

Je n'ai pas été très originale en allant voir Mamma Mia 2: Here We Go Again seulement quelques jours après sa sortie au cinéma. Mais quand on aime les comédies musicales autant que moi, y a des sorties incontournables même si je n'en attendais pas forcément grand chose.
 
Le texte de l'affiche ci-dessus est plutôt pertinente de mon point de vue : "the feel good movie". C'est clair, Mamma Mia, c'est pas quelque chose qu'on va regarder si on a envie de réfléchir au sens profond de la vie - alors que certaines comédies musicales parviennent à faire passer des messages, donc ce n'est pas non plus intrinsèque au genre. C'est juste pas le but et c'est bien aussi de temps en temps de débrancher un peu son cerveau et de profiter.
C'est vrai que j'avais passé un bon moment devant le premier : j'avais découvert certaines chansons d'ABBA, je trouvais que les acteurs chantaient bien et les mises en scène un peu (beaucoup) kitsch m'amusaient. Par exemple la chorégraphie avec des danseurs palmés sur le ponton, c'est quand même assez énorme. Et puis avec un peu de recul, je me suis dit que Meryl Streep (qui est pourtant une excellente actrice) ne chantait pas si bien que ça - sans aller à dire qu'elle chante faux, on peut s'accorder pour dire qu'elle est pas toujours 100 % juste et qu'elle a pas spécialement de coffre. J'ai aussi remarqué les incohérences dans l'intrigue, notamment vis-à-vis des sentiments des personnages. Par exemple, quand Meryl (encore elle, oui) chante Mamma Mia parce qu'elle vient de revoir ses trois amants eh bien les paroles ne collent pas du tout aux sentiments de son personnage. Même si la scène est plutôt sympa, on peut pas dire qu'elle soit très cohérente.
En fin de compte, le film me donnait l'impression d'essayer de broder une histoire autour des chansons d'ABBA et... c'est juste pas comme ça qu'une comédie musicale doit être pensée. L'idée n'est pas de caser un maximum de tubes et de faire en sorte que ça tienne à peu près ensemble mais d'écrire une histoire et de trouver LA chanson qui viendra la sublimer.
Et ça arrivait parfois dans le premier, surtout avec Slipping Through My Fingers, une performance riche en émotions dans laquelle Meryl était incroyable.
Mon autre souci était que les personnages secondaires soit ne servaient à rien, soit connaissaient un développement improbable. Dans le premier cas : le personnage de Dominic Cooper, qui incarne quand même le fiancé d'Amanda Seyfried ! Mais s'il n'avait pas été là, franchement, ça aurait presque été pareil. Dans le second cas, le personnage de Christine Baranski, l'une des amies de Donna (Meryl Streep) qui se découvre couguar. Encore une fois... oui c'est vaguement drôle mais ça ne sert à rien dans l'histoire à part placer un tube d'ABBA.
Mais peut-on réellement blâmer le film qui n'est, en fin de compte, que l'adaptation d'une comédie musicale de Broadway ? Eh bien je pense que oui : quand on adapte quelque chose d'illogique, on a le droit de réparer les incohérences, d'autant plus que le cinéma offre plus de moyens que la scène. N'ayant cependant pas vu le spectacle d'origine, je ne me permettrai pas de juger davantage.
 
Du coup, je n'attendais rien de spécial du deuxième film, mis à part un moment sans prise de tête (ce qui est pas mal déjà quand on est stressée par le boulot). Dès l'introduction (en chanson) j'ai été servie : c'était aussi loufoque que le premier, on retrouvait l'atmosphère légère du premier film et on découvrait que Lily James faisait une parfaite Donna jeune - en plus de chanter mieux que son aînée. D'ailleurs, tous les jeunes acteurs (versions jeunes adultes de Pierce Brosnan, Colin Firth etc.) sont excellemment bien choisis, tant physiquement que pour leurs prouesses vocales.
Du coup, par contre, on voit mieux les vieux. En dehors de Pierce Brosnan et des copines de Donna (qui est décédée, d'où les flashbacks et comme c'est annoncé dans la bande annonce je considère que ce n'est pas un spoiler), le reste du casting trois étoiles n'arrive que 15 minutes avant la fin. C'est un peu frustrant mais mieux que j'espérais quand le personnage de Brosnan expliquait que les deux autres "papas" avaient un empêchement et ne pouvaient pas être là - car cette scène donnait l'impression de justifier que Firth et Skasgaard ne faisaient pas le film et je trouvais ça un peu facile (cela étant, ils n'ont peut-être pas voulu apparaitre dans tout le film pour diverses raisons, je ne les connais pas assez pour le savoir).
Le film oscille perpétuellement entre l'année 79 - année de conception de Sophie (Seyfried) - et le présent, à l'aube de la réouverture de l'hôtel de Donna. C'est un excellent parti pris, d'autant que les scènes se répondent extrêmement bien (notamment I Have a Dream dont l'utilisation est bien plus sympa que dans le premier film) mais cette oscillation ne m'a pas paru suffisamment marquée lorsqu'elle commence et peut donc perdre le spectateur.
Vous l'aurez donc compris, nous suivons d'un côté la rencontre entre Donna et les trois papas (et c'est drôle) ainsi que son arrivée en Grèce et de l'autre l'organisation de l'ouverture de l'hôtel par Sophie encore endeuillée par la disparition de sa mère, un an plus tôt. Je pense que le fait que Rosy, le personnage de Julie Walters (autre actrice dont j'admire énormément le talent) pleure dès que le nom de Donna est prononcé était sensé être drôle mais sur moi ça n'a pas réellement marcher. De même, sa séparation d'avec Bill (Skasgaard) était totalement inutile.
Le choix des chansons, en revanche, a été nettement mieux pensé que dans le premier film. Je les ai trouvées mieux intégrées et plus cohérentes. Par exemple : One of Us chantée par Cooper depuis New-York et Seyfried depuis la Grèce, Knowing Me, Knowing You pour marquer une rupture ou encore I've Been Waiting for You pour les naissances (en parallèle) de Sophie en 80 et Donnie (par contre le choix du prénom est vraiment nase) dans le temps présent. Et puis il y a le cas de Waterloo qui offre un numéro vraiment loufoque (je dirais même au summum du kitsch et du too much) que j'ai quand même kiffé.
Certaines chansons du premier film sont donc à nouveau utilisées dans le deuxième, comme vous l'aurez compris. Je n'ai pas trouvé ça dérangeant : I Have a Dream est plus utile, Dancing Queen rend hommage à Donna, Waterloo n'était que dans le générique du 1 (cette fois c'est Super Trouper) et Mamma Mia, en plus d'être le titre du film, m'apparait comme l'hymne de Donna. J'ai donc trouvé pertinent que Lily James la chante. En revanche, si Cher avait pu ne pas massacrer Fernando que j'adore, j'aurais vraiment apprécié. Ce passage là était asse prévisible, pas utile (à part pour caser le tube) et surtout le personnage de Cher, en plus de ne pas bien chanter ABBA, est une incohérence vivante. Elle incarne en effet la grand-mère de Sophie qui est... censée être morte. Elle est plutôt drôle (encore que, elle est assez spéciale) mais est totalement inutile au film.
Ca fait donc pas mal de défauts mais de mon point de vue y en a moins que dans le premier (même si Dominic Cooper est toujours un peu inutile). La fin est très touchante (genre, j'ai pleuré comme un bébé) donc je vais essayer de ne pas vous la spoiler et on lui pardonne son côté surnaturel. Si dans le premier film c'était Slipping Through My Fingers qui nous donnait droit au moment émotion, dans la suite c'est My Love, My Life qui fera pleurer dans les chaumières.
 
J'ai donc passé un bon moment devant chacun des films, ce qui ne m'empêche pas de constater leurs défauts qui auraient pu être moins nombreux. Je suis tombée amoureuse de la BO du 2e volet que j'ai presque écouté en boucle depuis - et téléchargé légalement, même. Les amoureux de comédies musicales et d'ABBA devraient y trouver leur compte et passer un moment plutôt fun s'ils passent outre les incohérences restantes et le kitsch parfois en surdose.

In the Bull(et)'s Eyes 22/07/2018

Ce rapide article pour déjà prouver que ce blog n'est pas mort (parce que quand on voit la date de parution du dernier article, on est en droit de se poser la question) et aussi pour rapidement vous parler de ma dernière découverte de sériphile (bien que mon blog s'appelle TheBookworm et qu'on pourrait donc être en droit d'attendre un peu plus de lectures et moins de séries) : Bull, actuellement le vendredi sur M6.
 
Y a quelques années, j'étais un peu triste parce que Tony DiNozzo quittait NCIS et que j'avais du mal à imaginer la série sans lui - surtout après 14 ans de vannes sur le cinéma et de romances tragiques. Et puis est venu son dernier épisode, magnifique, plein de larmes, de mort et de tendresse (dit comme ça...) je me suis dit : OK, c'est quand même un très beau départ.
Par la suite, son interprète, Michael Weatherly (qu'on peut apercevoir dans la saison 2 de Charmed, d'ailleurs, il joue un démon) revenait avec une nouvelle série : Bull.
On va pas se mentir, j'ai d'abord essentiellement regardé parce que j'aime bien l'acteur et au départ ma seule réflexion ça a été "ouais c'est cool mais c'est pas Tony". Et en effet, c'est pas la même série donc c'est forcément pas le même personnage (et ce, pas qu'à cause des lunettes !), bien qu'on puisse trouver des similarités. Puis j'ai suivi les histoires que la série cherchait à raconter et j'ai tout simplement adoré.
Certes, tous les épisodes ne sont pas aussi captivants mai ceux qui le sont le sont vraiment.
Bull, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire d'un maitre de la communication et de la justice qui est capable de trouver les bons arguments, comment bien les présenter et surtout les bons jurés pour faire acquitter ses clients. Là où 99 % des séries du domaine policier se concentrent sur l'enquête pour aboutir à l'arrestation et l'inculpation d'un coupable, Bull se place ensuite et nous fait enchainer les procès - qu'on voit rarement dans les autres séries policières. C'est cette originalité qui m'a d'abord séduite. Y a de l'enquête, un peu de profilage (pour cerner aussi bien l'accusé que le juré), mais de la façon à laquelle on est habitué.
Les enquêtes, ensuite, abordent des thématiques actuelles, ma préférée jusqu'à présent étant sans doute l'affaire impliquant des aveux obtenus sous la contrainte. Je recommande également le procès de la pilote d'avion dont l'appareil s'est crashé en tuant tous les passagers sauf elle ou encore le procès contre un médecin aussi sympathique que docteur House qui, pour sauver sa patiente, a eu prendre une décision difficile et radicale.
On sort donc assez souvent du meurtre pur et dur pour aborder tous types de chefs de condamnation (y compris des affaires d'argent). Malheureusement, tous les épisodes ne sont pas du même niveau et les personnages secondaires (l'équipe de Bull) me laissent globalement indifférente (à l'exception de l'ex agent du FBI qui a eu droit à un joli développement récemment).
Malgré tout, je vous conseille d'y jeter un ½il si vous êtes un peu las des séries policières au format classique ou si Michael Weatherly vous manque ou encore si vous aimez les séries avec des avocats (la profession, pas le fruit même s'il est délicieux).

Cloud Atlas - Cartographie des Nuages 02/06/2018


Je reviens après un sacré paquet de temps pour vous parler d'un film tiré d'un livre (que j'ai aussi lu et que je viens justement de terminer) que j'ai trouvé aussi fascinant que bouleversant : il s'agit de Cloud Atlas, écrit par David MItchell et adapté pour le cinéma par les Wachowski (connus notamment pour la trilogie Matrix) en 2012. Un film au casting somptueux pour porter sur ses épaules talentueuses six destins entremêlés au cours de cinq siècle, du XIXe au XXIIIe.
 
On va pas se mentir : quand je suis allée voir Coud Atlas au cinéma il y a six ans, j'y suis allée sans rien connaitre de l'½uvre dont il s'inspirait et avec peut-être plus d'intérêt pour le casting trois étoiles que le reste. Cela dit, j'avais eu vent de cette curiosité de mise en scène qui voulait que chacun des acteurs casté interprète une demi douzaine de rôles. Je trouvais cela fascinant et j'étais curieuse de voir ça.
Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas été déçue.
S'il est possible dans de nombreux cas de discerner le regard bleu de Tom Hanks et celui tout aussi reconnaissable de Hugh Grant en dépit des prothèses voire du changement de sexe, Cloud Atlas est sans doute le seul film où James Sturgess (qui, on le rappelle, est un acteur caucasien) incarnera un coréen ainsi qu'un abolitionniste et Halle Berry une femme blanche et juive tout en prêtant ses traits à une Presciente d'un futur lointain.
Le pari est réussi. Au premier visionnage, j'ai parfois oublié de suivre l'intrigue (pourtant hyper complexe - pas le genre que je vous conseille si vous êtes crevé) tellement j'étais concentrée dans ma recherche de qui joue qui. Heureusement, le générique de fin nous donne toutes les solutions donc j'ai bien dormi la nuit qui a suivi.
Outre ce choix novateur de réalisation, les Wachoswki ne se sont évidemment pas privés d'emmêlés les destinées (tandis que le roman se déroule un peu différemment mais j'y reviendrai) au maximum afin que paroles et actes se fassent écho au travers des siècles, ce qui, de mon point de vue, les rend encore plus poignants. Mais n'aurait pas été faisable à l'écrit qui manquerait de la dimension visuelle nécessaire à rendre tout ceci compréhensif (je pense que cette fin de phrase veut pas dire grand chose mais je me comprends).
Cloud Atlas est également une histoire qui gravite autour de la musique. Il n'est donc pas étonnant d'y découvrir une soundtrack à couper le souffle. En effet, l'un des protagonistes de l'histoire (Robert Frobisher, pour ne pas le nommer) est un musicien qui compose... le sextet Cloud Atlas en 1931. Inutile de vous dire qu'il y aura des échos de ce morceau dans les autres époques où se déroule l'intrigue et dans le film lui-même car il entremêle six histoires. D'où, sans doute, la beauté de la soundtrack en général, pour souligner cette importance. Ou alors ils ont juste embauché des génies (dont j n'ai même pas retenu les noms).
 
Mais... allez vous me demander avec raison... de quoi ça parle, Cloud Atlas ? Je vous répondrai qu'il est extrêmement difficile de résumer ce chef d'½uvre mais que quelques citations bien choisies peuvent en donner un aperçu :
 
Our lives are not our own. From womb to tomb, we are bound to others. Past and present. And by each crime and every kindness, we birth our future.
- Sonmi 451
 
Haskell Moore: There is a natural order to this world, and those who try to upend it do not fare well. This movement will never survive; if you join them, you and your entire family will be shunned. At best, you will exist a pariah to be spat at and beaten-at worst, to be lynched or crucified. And for what? For what? No matter what you do it will never amount to anything more than a single drop in a limitless ocean.
Adam Ewing: What is an ocean but a multitude of drops?
 
I believe death is only a door. When it closes, another opens. If I cared to imagine a heaven, I would imagine a door opening and behind it, I would find him there.
- Sonmi 451
 
Puis je vous donnerai quand même un résumé, parce que j'aime à croire que je suis sympa.
Au XIXe siècle, Adam Ewing (James Sturgess) rentre d'un long voyage dans le Pacifique au cours duquel il a sauvé un esclave tandis que son prétendu ami le Dr. Goose (Tom Hanks) tente de l'empoisonner pendant la traversée vers San Franscico qu'il couche dans son journal intime.
En 1931, Robert Frobisher (Ben Whishaw) est un jeune musicien déshérité qui s'en va pour Bruges où il devient l'assistant de l'impitoyable Vivyan Ayrs, génie de son époque trop handicapé pour écrire de nouvelles partitions. C'est dans cette ville qu'il composera son chef d'½uvre,  le sextet Cloud Atlas et des lettres pour son ami et ami : Sixmith.
En 1973, la journaliste Luisa Rey (Halle Berry) tente de prouver que Sixmith ne s'est pas suicidé mais qu'on l'a assassiné à cause de son rapport sur la centrale nucléaire de Swanekke. La jeune femme ira de découvertes en découvertes, se passionnant pour les lettres à Sixmith, le sextet de Frobisher et jouant sa propre vie au prix de la vérité.
En 2006, l'éditeur Timothy Cavendish (Jim Broadbent) veut publier les histoires de Luisa Rey mais, piégé par son frère, se retrouve enfermé en maison de retraite où il organise la résistance face à la terrible infirmière Noakes.
En 2145, le clone Sonmi 451 est élue par l'Unamité pour renverser la société corpocratique de New Seoul et répandre la vérité sur cette vie dans laquelle les êtres humains sont rangés dans des castes et disposent de droits différents selon qu'ils sont nés d'un utérus ou d'un incubateur.
200 ans après la Chute, Zachry (Tom Hanks) voit d'un mauvais ½il l'arrivée de la Presciente Méronyme (Halle Berry) sur Big Isle. Il accepte pourtant de l'accompagne sur la montagne du diable où il découvrira qui était cette Sonmi que son peuple vénère.
Ces personnages ne se connaissent pas et n'ont rien en commun si ce n'est une marque de naissance. Pourtant leurs destins s'influencent au travers des siècles.
 
Si ce résumé vous donne la migraine, dites vous que ça fait toujours moins de personnages que dans Game of Thrones et qu'en vrai c'est encore plus complexe et emmêlé. Puis référez-vous aux citations plus haut.
Cloud Atlas n'est pas un film ni un livre comme les autres pour de nombreuses raisons. Il est sujet à quantité d'interprétations possibles et c'est sans doute ce qui en fait sa puissance. Et la difficulté d'écrire cet article.
Comme dit en introduction, ce film - puis ce livre - m'ont vraiment bouleversée. Je vais donc être obligée de SPOILER pour en venir au pourquoi du comment.
Ce qui m'a particulièrement plu, c'est la façon dont les destins des uns et des autres s'influencent, si bien que j'ai peut-être sur-interprété. Si Ewing n'avait pas sauvé l'esclave, celui-ci n'aurait pas été là pour le sauver à son tour. Ce sauvetage ne lui aurait pas permis de comprendre l'aberration de l'esclavage et il ne serait pas devenu abolitionniste, quelques années seulement avant la Guerre de Sécession. Sans des abolitionnistes comme lui, Luisa (qui est afro-américaine) n'aurait pas accéder à un travail de journaliste et n'aurait pas démantelé l'usine de Swanekke. Si Sonmi ne s'était pas sacrifiée pour faire éclater la vérité sur la société dans laquelle elle évolue, elle ne serait pas devenue le nouveau Messie auquel Zachry croit. Etc. Etc. Si vous ne parvenez pas à trouer ça fabuleux, je peux rien pour vous. FIN DU SPOILER.
 
Pour enfin en venir au roman, je déconseille de le lire en anglais si vous n'avez pas un excellent niveau. Outre la langue très littéraire du journal d'Ewing, on découvre aussi une nouvelle langue dans tous les chapitres consacrés à Zachry. Celle-ci est bourrée d'abréviations et de nouvelles orthographes assez déstabilisantes mais qui renforcent la fausse authenticité de ce futur lointain, qui plus est après la chute de la civilisation telle qu'on la connaissait jusqu'alors.
Si le film est raconté d'un point de vue plutôt omniscient, le roman est une succession d'écrits ou de récits : nous lisons le journal d'Ewing, puis les lettres à Sixmith, le roman sur Luisa Rey, l'autobiographie de Cavendish, l'interview de Sonmi avant son exécution et assistons au récit oral de Zachry.
Des récits différents de ceux du film sur certains points. Et je ne parle pas de scènes coupées mais de scènes transformées : le gros de l'affaire reste le même avec la même issue et, effectivement, certains passages sont troqués. Mais dans le cas de Sonmi on perd tout un pan de son élévation, tandis que les mésaventures de Luisa ne sont pas totalement les mêmes d'un support à l'autre. Du coup, c'est un peu déroutant mais, au final, on en arrive à la même conclusion et je pense que l'essence du récit est conservé.
Je vous conseille donc les deux si vous avez du temps devant vous (500 pages et 2h45 de film).

Something Rebooted This Way Comes (2/2) 21/04/2018

La dernière fois, j'expliquais en long, en large et en travers pourquoi le reboot de Charmed est une mauvaise idée sur toute la ligne. Mais si je veux être parfaitement honnête, moi aussi je regarde des reboots - notamment parce qu'il y en a de plus en plus, en bons témoins, peut-être, de la paresse des scénaristes et/ou de leur manque d'imagination.
 
Le premier reboot que j'adore et qui me vient spontanément en tête c'est MacGyver, à l'origine une série des années 80 reprises en 2016 avec Lucas Till (qui était alors un illustre inconnu pour moi alors qu'en fait je l'ai récemment aperçu dans le clip You Belong With Me de Taylor Swift) pour reprendre le rôle titre. La série mêle avec brio espionnage, action (plus ou moins improbable), connaissances scientifiques et surtout humour, le tout avec des personnages attachants, quelques rebondissements qu'on avait pas vu venir et assez peu de romance, en fin de compte. Pour l'histoire.
Je n'étais pas une grande fan de la série d'origine, même si j'en ai vu quelques redifs avec mon père le samedi après-midi. Je n'ai, de fait, que quelques vagues souvenirs de la première série, ceux d'un type capable de fabriquer une radio avec du fil de fer et un brocoli (plus ou moins). A l'époque j'avais même pas capté le côté espionnage et dans mon souvenir, Mac était seul à faire ses trucs, plus ou moins avec une jolie fille à sauver.
Puis j'ai fait quelques recherches et j'ai pu constater que la série de 2016 avait repris tous les ingrédients utilisés 20 ans plus tôt et qu'elle s'était, en fait, contentée de rafraîchir le tout afin de parler au public actuel. Pour le reste, Murdoch (la Némésis de Mac), la Fondation Phoenix qui emploie Mac et ses nombreux talents ou encore Bozer, son meilleur ami, tout est là, tout était déjà là. Le reboot ne concerne au final que les acteurs mais pas le reste et surtout pas les rôles.
On peut aussi se dire qu'on apprécie plus facilement un reboot quand on a pas ou peu vu l'original qu'il reprend (en mettant de côté les reboots incessants des comics DC et Marvel) et c'est vrai que c'est mon cas pour MacGyver. Je n'ai pas une relation émotionnelle forte avec l'ancienne version, il m'est donc peut-être plus facile d'adopter les personnages des années 2010 (et plus particulièrement leurs répliques plus drôles les unes que les autres) tandis qu'un fan de la série d'origine trouvera toujours à redire (ou pas, je suppose que ça dépend des gens) parce que "c'était mieux avant", parce qu'il est attaché à ses souvenirs, même s'il est possible que "sa" version de la série ait plus ou moins mal vieillie (par exemple, certains effets spéciaux de Charmed voire certains doublages en VF sont un peu moyens au regard de ce qui se fait maintenant mais je reste très attachée à la série, comme si ces défauts faisaient aussi son charme car ils témoignent d'une autre époque).
Enfin, le nombre d'années qui séparent le reboot de son original me parait être pour beaucoup dans sa réception auprès du public. La première série MacGyver a été diffusée entre 1985 et 1992, soit avant ma naissance. Il s'est passé 25 ans entre les deux versions, soit suffisamment de temps pour que les fans de la première heure soit passés à autre chose (ou morts) tandis que Charmed a pris fin en 2008, il n'y a pas si longtemps que ça, la série n'a pas encore eu le temps de réellement vieillir (sans compter que fans et actrices voulaient autre chose, cf article précédent). D'où le tollé. D'ailleurs, je parie que si quelqu'un s'avisait de retourner les Harry Potter, tout le monde râlerait car tout le monde est encore attaché à la version qu'on connaît tous. Mais d'ici cinquante ou cent ans, avec l'évolution technologique notamment, il sera plus facile de concevoir un reboot pour actualiser la saga.
Dans tous les cas, quitte à paraitre contradictoire, j'ai décidé de continuer d'adorer le reboot de MacGyver (et celui de V, autre série des années 80 qui a été annulée après deux saisons) et de voir d'un mauvais ½il celui annoncé pour Charmed parce qu'il arrive trop tôt et apporte trop de modifications à l'original. Je pense également qu'en fonction du genre de la série (policier, action, fantastique) le reboot est plus ou moins bien apprécié par les fans de la première heure mais comme je ne sais pas trop comment développer cet argument, je vais vous laisser là-dessus (pour le moment) et vous conseiller vivement de vous essayez à ce reboot pour ses scènes d'action improbables, son humour, ses rebondissements, son méchant et aussi, pourquoi, parce que Lucas Till est pas le plus moche...

Something Rebooted This Way Comes 24/03/2018

Something Rebooted This Way Comes

Comme vous avez pu le lire sur la toile ces derniers temps, la chaîne américaine CW s'est lancée : Charmed, la série fantastique culte des années 90 va avoir droit à son reboot ! ... Et c'est tout sauf une bonne idée (de mon point de vue).
 
Charmed, c'est l'histoire de trois s½urs, les s½urs Halliwell plus précisément, qui découvre un beau jour (en fait non, il pleuvait ce soir-là) qu'elles sont des sorcières et plus précisément (encore !) qu'elles forment le Pouvoir des Trois, le plus grand pouvoir jamais connu. Elles apparaissent pour la premier fois sur les écrans américains en 1998 (et le 27 février 1999 en France sur M6).
Prue la sérieuse cartésienne (Shannen Doherty) hérite du don de télékinésie. Piper, la jeune cheffe qui manque d'assurance (Holly Marie Combs) peut figer le temps. Et Phoebe, la plus jeune et insouciante de la famille (Alyssa Milano) a des prémotions. Ensemble, elles affrontent quantités de démons et mauvais sorciers jusqu'à la fin de la saison où Prue décède (parce que Shannen et Alyssa ne s'entendaient plus - pour la faire courte). Apparait alors une quatrième s½ur, Paige (Rose MacGowan), qui est en fait une demie s½ur et aussi un demie Etre de Lumière (les anges de la série) et qui permet surtout, en 2001, de relancer la série. Parce qu'un Pouvoir des Trois à deux ça fonctionne vachement moins bien.
Charmed durera 8 saisons, soit 178 épisodes. Y apparaitront notamment les Cranberries, Rachel Lefèvre (Victoria dans Twilight), Billy Zaine (Cal dans Titanic), Charisma Carpenter de Buffy, Kaley Cuoco avant The Big Bang Theory ou encore Misha Collins avant Supernatural. Certains effets spéciaux ont objectivement mal vieilli et la série est peut-être un peu trop pleine de bons sentiments mais j'adore. C'est la série de mon enfance, l'une des premières que j'ai suivie aussi assidûment que possible à partir de 2001 (comme papa ne captait pas M6 mais maman si et que le replay n'existait pas, j'ai d'ailleurs manqué l'épisode où Prue meurt, je vous raconte même pas mon incompréhension quand j'ai vu débarquer Paige sur les affiches de la saison suivante) qui reste, encore aujourd'hui, l'une de mes préférés avec l'un des meilleurs génériques au monde.
Pendant huit saisons, on voit évoluer des s½urs, des femmes et des sorcières qui évoluent : Prue et Phoebe se réconcilient, Piper prend de l'assurance, Paige et Phoebe trouvent leur voie. Comme beaucoup de filles de mon âge, la série m'a donné envie d'être une sorcière, je m'identifiais beaucoup et, de fait, comme encore pas mal de fans de la première génération je n'ai pas envie d'un reboot.
 
Something Rebooted This Way Comes

Ca va être difficile de rester totalement objective en expliquant pourquoi je pense qu'un reboot est une mauvaise idée mais essayons quand même.
Outre le fait que rebooter en permanence des séries qui ont fait leurs preuves montrent clairement que les studios n'ont pas d'imagination pour proposer des nouvelles idées (ou qu'ils n'osent pas les proposer de peur d'un flop, ce qui est presque pire), le reboot, ce n'est absolument pas ce que les fans de la première heure attendaient (et, de mon point de vue, ils constituent une sacrée par de l'audience ciblée par la production).
Ca fait en effet quelques années que les actrices de Charmed ont mis leurs différends de côté (ainsi, Alyssa Milano a publiquement soutenu Shannen Doherty pendant son cancer) et se sont prononcées en faveur d'un revival qui ferait office de suite (un peu comme ce qui a été fait l'an passé pour Gilmore Girls, avec tous les défauts que ça pouvait avoir) en se concentrant par exemple sur la nouvelle génération de sorciers (dont il était question à partir de la fin de la saison 5 de Charmed) et qui, surtout, ferait plaisir aux fans de la première heure (qui se déchainent via Twitter contre le reboot). Pourquoi, en effet, rebooter un concept quand tout ce qe les gens attendent c'est la suite et qu'il existe des moyens de donner lieu à cette suite ?
CW n'est malheureusement pas de cet avis.
Il avait été question, il y a quelques mois, de partir sur une sequel qui se situerait dans les années 70 mais cette idée a été apparemment totalement abandonnée. En effet, CW a récemment annoncé le point de départ de sa nouvelle série : un campus universitaire sur lequel l'aînée des s½urs enseignera pendant que les deux autres y étudieront.
Comme dans la série originale, les trois jeunes femmes seront très différentes et les différences d'âge semblent plus ou moins rester les mêmes (approximativement : l'aînée aura 28 ans, la cadette 25 et la benjamine 22). Elles ne porteront pas un prénom commençant par P mais un prénom en M. La série se revendique d'un nouveau genre, à la fois forte, drôle et féministe et avec un twist inattendue : la deuxième s½ur sera lesbienne.
Et dans toute cette annonce, il y a quantité de problèmes.
Pour commencer, la série d'origine était déjà forte, drôle et féministe puisqu'elle mettait en scènes un trio de femmes bien décidées à ne pas (trop) dépendre des hommes et à botter le cul du plus grand nombre de démons possibles. On se souviendra aussi de l'épisode The Bare Witch Project dans lequel, imitant la légendaire Lady Godiva, Phoebe traversait San Francisco nue sur un cheval pour protester contre le droit de Piper d'allaiter son bébé en public (une cause qu'Alyssa Milano défend "pour du vrai" depuis pas mal d'années, d'ailleurs). Peut-on faire revendication plus féministe que de parler de l'usage premier des seins ? Ca me parait difficile.
Pour ce qui est d'être drôle et forte, la série l'est de mon point de vue mais je vous laisse seul juge de cet aspect.
Autre problème (soulevé notamment par Holly Marie Combs sur Twitter) : le twist gay. L'homosexualité d'un personnage, en 2018, ne devrait sous aucun prétexte être vendu comme un twist. C'est un fait, point barre. Et je ne pense pas devoir épiloguer là-dessus (mais allez, je veux bien croire que CW ait juste fait une erreur de comm).
Enfin, les s½urs ne seront plus des Halliwell (LE nom de famille que je rêvais de porter) mais des Pruitt. Outre le manque d'élégance de ce choix, je pressens par avance les "Prout" français encore moins élégant. J'ai mal aux oreilles d'avance.
Je n'irai pas jusqu'à dire que cette série va gâcher mon enfance parce que la série que moi je chérie existera toujours. Il est aussi possible que la nouvelle génération qui n'a pas connu Charmed puisse apprécier cette nouvelle version. Pour moi, je sais que ce sera difficile. J'espère (?) vous en reparler quand les premiers épisodes seront sortis. Pour le moment, je ne suis ni convaincue par le choix des actrices, ni par celui des prénoms, ni par le nom de famille, ni par l'idée derrière. Mais je sais aussi qu'il faudra sans doute laisser sa chance au programme avant de véritablement le juger.

The Brightest Hour of Gary Oldman 05/03/2018

The Brightest Hour of Gary Oldman
Hier soir, au Dolby Theater de Los Angeles avait lieu la 90e cérémonie des Oscars. Et croyez-moi, je le sais bien car j'ai veillé jusqu'à 6 heures du matin pour y assister, derrière mon écran d'ordinateur, après avoir gaspillé un temps certain à chercher comment capter ABC depuis la France (puisque Canal+ n'avait pas la décence de diffuser la cérémonie en clair). Mais je devais être là, ou plutôt j'y tenais de tout mon c½ur pour vivre en direct le sacre du talent de mon acteur préféré : Gary Oldman, dont j'avais très envie de parler depuis des lustres.
The Brightest Hour of Gary Oldman

Comme beaucoup de personnes de ma génération, j'ai fait la connaissance de Gary Oldman lors de la sortie d'Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (a - accessoirement mon roman et mon film préféré de la saga), film dans lequel il endosse le costume (miteux) de Sirius Black, parrain de Harry Potter (et accessoirement mon personnage préféré de toute la saga, ce qui est peut-être un peu lié à Oldman, d'ailleurs). Outre me faire définitivement tomber en fanatisme absolu de la saga magique, ce volet m'a permis de découvrir un acteur de talent... accessoirement très séduisant (on notera que "accessoirement" semble mon terme fétiche pour cet article).
Récemment, une amie me demandait avec quel film je suis devenue totalement folle de Oldman et... je n'ai pas su répondre. Comme si c'était une évidence tant il respire le talent.
Dans Harry Potter, il est cet ancien jeune homme très séduisant condamné à tort pour le meurtre de ses meilleurs amis (mais je ne vous apprend rien) qui deviendra cet homme en cavale toujours près à risquer sa vie pour son filleul (what's life without a little risk? le dit lui-même) dont le nom ne sera réhabilité que de manière posthume (puisque J.K. Rowling avait la fâcheuse manie de tuer tous les modèles masculins de Harry et qu'en plus Gary Oldman a, quant à lui, la tendance à mourir dans ses films. Non sans panache, cela dit.

The Brightest Hour of Gary Oldman
Une tendance exacerbée par ses traditionnels rôles de vilains méchants (pas beaux étant plus ou moins optionnel). Car une fois contaminée par son talent grâce à Harry Potter, j'avais rapidement comblé mon ignorance au sujet de sa déjà longue carrière en visionnant notamment ses deux collaborations avec Luc Besson : dans Léon (The Professional) et Le Cinquième Elément (The Fifth Element) deux excellents films où 1) il joue les connards comme seul lui sait les interpréter et 2) il meurt à la fin (les films datant des années 90, je pars du principe que ce n'est plus un spoiler que de le dire).

Et malgré tout ça, je lui ai toujours trouvé un charme fou en flic corrompu accro à la drogue. Ca doit être le côté bad boy...
Pour continuer la leçon "comment se faire haïr en 10 rôles", Gary est effrayant de cruauté dans Meurtre à Alcatraz (Murder in the First) aux côtés de Christian Slater ou encore quand il emprunte l'accent russe pour Lost in Space (avec Matt LeBlanc de Friends série dans laquelle il fait une apparition, peut-être pour changer un peu de registre et montrer que oui, il sait tout faire) en Némésis du président Harrison Ford dans Air Force One ou avec cette mort très douloureuse mais méritée dans True Romance. Décidément oui, une tendance se dessine.
 
The Brightest Hour of Gary Oldman
On connait aussi Gary Oldman pour son magnétisme, sa présence si particulière à l'écran et son habilité à se glisser dans la peau de véritablement n'importe qui.

Au début des années 90, il est Dracula dans le film du même nom de Francis Ford Coppola (version jeune et sexy et version âgée et glauque - mais je n'affiche que la sexy car c'est encore mon article) aux côtés de Wynona Ryder et Anthony Hopkins. Et je peux vous assurer que le charme opère. Mais, tel un Sean Bean, il meurt, encore.
Quelques années plus tard, il est aussi Ludwig Van Beethoven dans Ludwing Von B (Immortal Beloved) et, là encore, l'incarne sur toute la durée de sa vie d'adulte. A noter que les artistes maquilleurs d'alors auraient largement mérité la nomination aux Oscars pour le travail effectué sur Oldman.
Dont les prothèses devinrent aussi la marque de fabrique, jusqu'à son rôle de Mason dans Hannibal, un rôle difficile du fait des contraintes que prothèses et lentilles lui infligeaient (je vous laisse checker sa sale gueule vous-même sous Google). Méconnaissable, certes, sauf de part son talent immense.
 
The Brightest Hour of Gary Oldman
Enfin, il arrive aussi que Gary Oldman incarne un gentil. Ca peut paraitre rare, vu tout ce que j'ai dit, mais ça lui arrive, notamment dans la trilogie (fabuleuse) Batman de Christopher Nolan où il endosse l'uniforme de Jim Gordon, l'allié du chevalier noir qui a trop la classe, je vois juste pas comment le dire autrement.

Plus récemment, évidemment, tout le monde sait qu'il a incarné Winston Churchill dans Les Heures sombres (Darkest Hour). Et depuis environ quatorze heures (il a été sacré vers 5h20 du matin) tout le monde sait aussi qu'il a obtenu, à bientôt soixante ans (le 21 mars prochain), sa première statuette de l'académie. Je ne regrette évidemment pas d'être restée debout (je peux même dire que cette victoire - méritée en dépit d'une belle concurrence - m'a bien réveillée).
Pour revenir aux aspects plus cinématographique, Gary est méconnaissable dans ce rôle de premier ministre anglais au moment le plus sombre (d'où le titre du film) de son pays et incroyable de justesse et de puissance.
Il fait, en bref, ce qu'il sait faire le mieux : avoir un immense talent.
 
J'aimerais trouver une petite phrase de conclusion pour vous inciter, si c'est toujours pas fait, à voir Darkest Hour mais la phrase serait vraiment proustienne et indigeste Ce film m'a bouleversée. On a beau dire que ce n'est pas l'apogée de la carrière d'Oldman (nommé pour La taupe - Tinker, Taylor, Soldier, Spy - mais pas couronné alors) mais en fait je m'en fous. Pendant les deux heures de film je n'étais plus dans l'UGC George V j'étais à Londres en mai 1940. Le montage, la musique, Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Lily James, les costumes, les décors, la mise en scène et la musique (de Dario Marianelli malheureusement pas nommé aux Oscars), tout vous embarque dans cette histoire, ce tournant de la guerre, celui durant lequel Hitler aurait pu abattre définitivement les Britanniques.
Le film ne raconte qu'une vingtaine de jours de mai 40 et je dois bien avouer que j'aurai aimé faire toute la guerre avec ce Winston qui en impose, tant par la carrure que les discours - d'autant plus quand il est incarné par Gary Oldman qui en impose aussi, avec son talent.

Salvation : le monde des séries a trouvé son salut 10/02/2018


On le sait : des séries, y en a trop. De partout, toujours plus, tout le temps, encore et encore. Au final, peu sortent réellement du lot, ce qui explique que beaucoup soient si rapidement annulées. Et puis, de temps en temps, une pépite se détache. La dernière que j'ai trouvée s'appelle Salvation, est une production américaine et vient d'être renouvelée pour une deuxième saison.
 
Noël approchait, il était samedi soir et comme bien souvent , il n'y avait pas grand chose à la télé. A moins que... Mon père et moi avons eu cette fameuse conversation qu'on a souvent au dîner : on regarde quoi ce soir ? Parce que c'est quand même plus sympa d'être à deux à fixer le même écran dans la même pièce que de faire dans deux endroits séparés. Entre autres choses. Il a mentionné la nouvelle série de M6 en disant "je sais pas ce que ça vaut". Eh bah ça nous faisait un point commun. Salvation ? Je n'en avais jamais entendu parler. Ja-mais. Un vrai OVNI et je ne croyais pas si bien dire puisqu'effectivement il avait être question de l'espace.
Pour la faire courte : j'ai lu le résumé dans le programme et j'ai vu le mot "météorite" qui fait partie des termes qui m'interpellent. Il faut savoir, en fait, que je suis très intéressée par l'astrophysique et l'astronomie, ceci explique cela. La série promettait qu'on allait en parler, on lui a donc donné sa chance.
Et cela fait sans doute partie des meilleures décisions que j'ai prises en décembre 2017. Car je n'avait pas autant été embarquée par une série depuis Desperate Housewives en 2004 (même si ce n'est carrément pas le même genre).
Le premier soir, la Six a diffusé 4 des 13 épisodes de la saison. Croyez-le ou pas mais ça ne m'a pas rassasiée. J'en voulais plus. Tout de suite. Maintenant. Plus vite. Une vraie droguée déjà en manque. La semaine m'a presque paru longue (j'aurais pu la trouver en streaming, certes, mais j'aime me compliquer la vie et éviter le binge watching).
Mais alors que quoi ça parle, Salvation, pour que ce soit aussi addictif ? Ca nous parle de Liam Cole (Charlie Rowe), brillant étudiant du MIT qui découvre qu'une météorite risque d'anéantir toute forme de vie d'ici 186 jours, soit un peu plus de six mois. Il prévient son professeur et à partir de là les ennuis commencent. Le gouvernement rentre notamment en jeu en la personne de Grace Barrows (Jennifer Finnigan), la porte parole du Pentagone (le ministère de la défense aux USA) et son supérieur (et amant) que j'ai eu envie de claquer pendant la moitié des épisodes. Entre aussi en jeu la société Tanz, et son fondateur charismatique (l'autre love interest de Barrows).  Et aussi, dans le désordre : des complots, des problèmes scientifiques, la petite amie la moins compréhensive au monde qui au final le devient quand même un peu, une journaliste fouineuse qui méritait aussi des baffes mais qui a fini par devenir super badass, une morte qui ne l'est pas pour du vrai, une trahison que j'avais absolument pas vue venir (pour le coup je me suis réellement sentie trahie) et une autre dont je me doutais un peu plus. Et aussi les Russes, histoire d'introduire du conflit géopolitique dans tout ce bazar.
Bien sûr, au milieu de tout ça, il faut trouver un moyen de dévier l'astéroïde qui se dirige droit sur la Terre tout en n'en parlant pas au commun des mortels mais en mettant en place un plan B au cas où on ne pourrait pas éviter l'explosion de la planète. Ce plan consiste au sauvetage de 160 élus triés sur le volet qui seraient, dans le pire des cas, chargés de faire perdurer l'humanité dans l'espace (pour rester relativement simple).
Et comme la série a été reconduite, vous vous doutez bien qu'on ne vit pas ces 186 jours fatidiques en une seule saison. Oh que non. Je suis donc en manque depuis quelques semaines maintenant, du fait d'un cliffhanger particulièrement dramatique (évidemment) destiné à nous tenir en haleine. La saison 2 devrait être diffusée à l'été outre Atlantique.
D'ici là, je vous conseille vivement de rattraper la première et de ne pas faire autre chose en même temps si vous voulez tout suivre. De plus, vous aurez le temps d'admirer le séduisant Charlie Rowe, 22 ans bientôt (soit trois de moins que moi) qui me fait sentir un peu vieille car je n'ai clairement pas accompli grand chose du haut de mon bientôt quart de siècle (mais ce n'est pas directement lié à la série). Vous aurez aussi le plaisir d'admirer le générique qui ressemble à l'ouverture du journal télé. Mais je sais pas si c'est voulu.