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Cloud Atlas - Cartographie des Nuages 02/06/2018


Je reviens après un sacré paquet de temps pour vous parler d'un film tiré d'un livre (que j'ai aussi lu et que je viens justement de terminer) que j'ai trouvé aussi fascinant que bouleversant : il s'agit de Cloud Atlas, écrit par David MItchell et adapté pour le cinéma par les Wachowski (connus notamment pour la trilogie Matrix) en 2012. Un film au casting somptueux pour porter sur ses épaules talentueuses six destins entremêlés au cours de cinq siècle, du XIXe au XXIIIe.
 
On va pas se mentir : quand je suis allée voir Coud Atlas au cinéma il y a six ans, j'y suis allée sans rien connaitre de l'½uvre dont il s'inspirait et avec peut-être plus d'intérêt pour le casting trois étoiles que le reste. Cela dit, j'avais eu vent de cette curiosité de mise en scène qui voulait que chacun des acteurs casté interprète une demi douzaine de rôles. Je trouvais cela fascinant et j'étais curieuse de voir ça.
Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas été déçue.
S'il est possible dans de nombreux cas de discerner le regard bleu de Tom Hanks et celui tout aussi reconnaissable de Hugh Grant en dépit des prothèses voire du changement de sexe, Cloud Atlas est sans doute le seul film où James Sturgess (qui, on le rappelle, est un acteur caucasien) incarnera un coréen ainsi qu'un abolitionniste et Halle Berry une femme blanche et juive tout en prêtant ses traits à une Presciente d'un futur lointain.
Le pari est réussi. Au premier visionnage, j'ai parfois oublié de suivre l'intrigue (pourtant hyper complexe - pas le genre que je vous conseille si vous êtes crevé) tellement j'étais concentrée dans ma recherche de qui joue qui. Heureusement, le générique de fin nous donne toutes les solutions donc j'ai bien dormi la nuit qui a suivi.
Outre ce choix novateur de réalisation, les Wachoswki ne se sont évidemment pas privés d'emmêlés les destinées (tandis que le roman se déroule un peu différemment mais j'y reviendrai) au maximum afin que paroles et actes se fassent écho au travers des siècles, ce qui, de mon point de vue, les rend encore plus poignants. Mais n'aurait pas été faisable à l'écrit qui manquerait de la dimension visuelle nécessaire à rendre tout ceci compréhensif (je pense que cette fin de phrase veut pas dire grand chose mais je me comprends).
Cloud Atlas est également une histoire qui gravite autour de la musique. Il n'est donc pas étonnant d'y découvrir une soundtrack à couper le souffle. En effet, l'un des protagonistes de l'histoire (Robert Frobisher, pour ne pas le nommer) est un musicien qui compose... le sextet Cloud Atlas en 1931. Inutile de vous dire qu'il y aura des échos de ce morceau dans les autres époques où se déroule l'intrigue et dans le film lui-même car il entremêle six histoires. D'où, sans doute, la beauté de la soundtrack en général, pour souligner cette importance. Ou alors ils ont juste embauché des génies (dont j n'ai même pas retenu les noms).
 
Mais... allez vous me demander avec raison... de quoi ça parle, Cloud Atlas ? Je vous répondrai qu'il est extrêmement difficile de résumer ce chef d'½uvre mais que quelques citations bien choisies peuvent en donner un aperçu :
 
Our lives are not our own. From womb to tomb, we are bound to others. Past and present. And by each crime and every kindness, we birth our future.
- Sonmi 451
 
Haskell Moore: There is a natural order to this world, and those who try to upend it do not fare well. This movement will never survive; if you join them, you and your entire family will be shunned. At best, you will exist a pariah to be spat at and beaten-at worst, to be lynched or crucified. And for what? For what? No matter what you do it will never amount to anything more than a single drop in a limitless ocean.
Adam Ewing: What is an ocean but a multitude of drops?
 
I believe death is only a door. When it closes, another opens. If I cared to imagine a heaven, I would imagine a door opening and behind it, I would find him there.
- Sonmi 451
 
Puis je vous donnerai quand même un résumé, parce que j'aime à croire que je suis sympa.
Au XIXe siècle, Adam Ewing (James Sturgess) rentre d'un long voyage dans le Pacifique au cours duquel il a sauvé un esclave tandis que son prétendu ami le Dr. Goose (Tom Hanks) tente de l'empoisonner pendant la traversée vers San Franscico qu'il couche dans son journal intime.
En 1931, Robert Frobisher (Ben Whishaw) est un jeune musicien déshérité qui s'en va pour Bruges où il devient l'assistant de l'impitoyable Vivyan Ayrs, génie de son époque trop handicapé pour écrire de nouvelles partitions. C'est dans cette ville qu'il composera son chef d'½uvre,  le sextet Cloud Atlas et des lettres pour son ami et ami : Sixmith.
En 1973, la journaliste Luisa Rey (Halle Berry) tente de prouver que Sixmith ne s'est pas suicidé mais qu'on l'a assassiné à cause de son rapport sur la centrale nucléaire de Swanekke. La jeune femme ira de découvertes en découvertes, se passionnant pour les lettres à Sixmith, le sextet de Frobisher et jouant sa propre vie au prix de la vérité.
En 2006, l'éditeur Timothy Cavendish (Jim Broadbent) veut publier les histoires de Luisa Rey mais, piégé par son frère, se retrouve enfermé en maison de retraite où il organise la résistance face à la terrible infirmière Noakes.
En 2145, le clone Sonmi 451 est élue par l'Unamité pour renverser la société corpocratique de New Seoul et répandre la vérité sur cette vie dans laquelle les êtres humains sont rangés dans des castes et disposent de droits différents selon qu'ils sont nés d'un utérus ou d'un incubateur.
200 ans après la Chute, Zachry (Tom Hanks) voit d'un mauvais ½il l'arrivée de la Presciente Méronyme (Halle Berry) sur Big Isle. Il accepte pourtant de l'accompagne sur la montagne du diable où il découvrira qui était cette Sonmi que son peuple vénère.
Ces personnages ne se connaissent pas et n'ont rien en commun si ce n'est une marque de naissance. Pourtant leurs destins s'influencent au travers des siècles.
 
Si ce résumé vous donne la migraine, dites vous que ça fait toujours moins de personnages que dans Game of Thrones et qu'en vrai c'est encore plus complexe et emmêlé. Puis référez-vous aux citations plus haut.
Cloud Atlas n'est pas un film ni un livre comme les autres pour de nombreuses raisons. Il est sujet à quantité d'interprétations possibles et c'est sans doute ce qui en fait sa puissance. Et la difficulté d'écrire cet article.
Comme dit en introduction, ce film - puis ce livre - m'ont vraiment bouleversée. Je vais donc être obligée de SPOILER pour en venir au pourquoi du comment.
Ce qui m'a particulièrement plu, c'est la façon dont les destins des uns et des autres s'influencent, si bien que j'ai peut-être sur-interprété. Si Ewing n'avait pas sauvé l'esclave, celui-ci n'aurait pas été là pour le sauver à son tour. Ce sauvetage ne lui aurait pas permis de comprendre l'aberration de l'esclavage et il ne serait pas devenu abolitionniste, quelques années seulement avant la Guerre de Sécession. Sans des abolitionnistes comme lui, Luisa (qui est afro-américaine) n'aurait pas accéder à un travail de journaliste et n'aurait pas démantelé l'usine de Swanekke. Si Sonmi ne s'était pas sacrifiée pour faire éclater la vérité sur la société dans laquelle elle évolue, elle ne serait pas devenue le nouveau Messie auquel Zachry croit. Etc. Etc. Si vous ne parvenez pas à trouer ça fabuleux, je peux rien pour vous. FIN DU SPOILER.
 
Pour enfin en venir au roman, je déconseille de le lire en anglais si vous n'avez pas un excellent niveau. Outre la langue très littéraire du journal d'Ewing, on découvre aussi une nouvelle langue dans tous les chapitres consacrés à Zachry. Celle-ci est bourrée d'abréviations et de nouvelles orthographes assez déstabilisantes mais qui renforcent la fausse authenticité de ce futur lointain, qui plus est après la chute de la civilisation telle qu'on la connaissait jusqu'alors.
Si le film est raconté d'un point de vue plutôt omniscient, le roman est une succession d'écrits ou de récits : nous lisons le journal d'Ewing, puis les lettres à Sixmith, le roman sur Luisa Rey, l'autobiographie de Cavendish, l'interview de Sonmi avant son exécution et assistons au récit oral de Zachry.
Des récits différents de ceux du film sur certains points. Et je ne parle pas de scènes coupées mais de scènes transformées : le gros de l'affaire reste le même avec la même issue et, effectivement, certains passages sont troqués. Mais dans le cas de Sonmi on perd tout un pan de son élévation, tandis que les mésaventures de Luisa ne sont pas totalement les mêmes d'un support à l'autre. Du coup, c'est un peu déroutant mais, au final, on en arrive à la même conclusion et je pense que l'essence du récit est conservé.
Je vous conseille donc les deux si vous avez du temps devant vous (500 pages et 2h45 de film).

Something Rebooted This Way Comes (2/2) 21/04/2018

La dernière fois, j'expliquais en long, en large et en travers pourquoi le reboot de Charmed est une mauvaise idée sur toute la ligne. Mais si je veux être parfaitement honnête, moi aussi je regarde des reboots - notamment parce qu'il y en a de plus en plus, en bons témoins, peut-être, de la paresse des scénaristes et/ou de leur manque d'imagination.
 
Le premier reboot que j'adore et qui me vient spontanément en tête c'est MacGyver, à l'origine une série des années 80 reprises en 2016 avec Lucas Till (qui était alors un illustre inconnu pour moi alors qu'en fait je l'ai récemment aperçu dans le clip You Belong With Me de Taylor Swift) pour reprendre le rôle titre. La série mêle avec brio espionnage, action (plus ou moins improbable), connaissances scientifiques et surtout humour, le tout avec des personnages attachants, quelques rebondissements qu'on avait pas vu venir et assez peu de romance, en fin de compte. Pour l'histoire.
Je n'étais pas une grande fan de la série d'origine, même si j'en ai vu quelques redifs avec mon père le samedi après-midi. Je n'ai, de fait, que quelques vagues souvenirs de la première série, ceux d'un type capable de fabriquer une radio avec du fil de fer et un brocoli (plus ou moins). A l'époque j'avais même pas capté le côté espionnage et dans mon souvenir, Mac était seul à faire ses trucs, plus ou moins avec une jolie fille à sauver.
Puis j'ai fait quelques recherches et j'ai pu constater que la série de 2016 avait repris tous les ingrédients utilisés 20 ans plus tôt et qu'elle s'était, en fait, contentée de rafraîchir le tout afin de parler au public actuel. Pour le reste, Murdoch (la Némésis de Mac), la Fondation Phoenix qui emploie Mac et ses nombreux talents ou encore Bozer, son meilleur ami, tout est là, tout était déjà là. Le reboot ne concerne au final que les acteurs mais pas le reste et surtout pas les rôles.
On peut aussi se dire qu'on apprécie plus facilement un reboot quand on a pas ou peu vu l'original qu'il reprend (en mettant de côté les reboots incessants des comics DC et Marvel) et c'est vrai que c'est mon cas pour MacGyver. Je n'ai pas une relation émotionnelle forte avec l'ancienne version, il m'est donc peut-être plus facile d'adopter les personnages des années 2010 (et plus particulièrement leurs répliques plus drôles les unes que les autres) tandis qu'un fan de la série d'origine trouvera toujours à redire (ou pas, je suppose que ça dépend des gens) parce que "c'était mieux avant", parce qu'il est attaché à ses souvenirs, même s'il est possible que "sa" version de la série ait plus ou moins mal vieillie (par exemple, certains effets spéciaux de Charmed voire certains doublages en VF sont un peu moyens au regard de ce qui se fait maintenant mais je reste très attachée à la série, comme si ces défauts faisaient aussi son charme car ils témoignent d'une autre époque).
Enfin, le nombre d'années qui séparent le reboot de son original me parait être pour beaucoup dans sa réception auprès du public. La première série MacGyver a été diffusée entre 1985 et 1992, soit avant ma naissance. Il s'est passé 25 ans entre les deux versions, soit suffisamment de temps pour que les fans de la première heure soit passés à autre chose (ou morts) tandis que Charmed a pris fin en 2008, il n'y a pas si longtemps que ça, la série n'a pas encore eu le temps de réellement vieillir (sans compter que fans et actrices voulaient autre chose, cf article précédent). D'où le tollé. D'ailleurs, je parie que si quelqu'un s'avisait de retourner les Harry Potter, tout le monde râlerait car tout le monde est encore attaché à la version qu'on connaît tous. Mais d'ici cinquante ou cent ans, avec l'évolution technologique notamment, il sera plus facile de concevoir un reboot pour actualiser la saga.
Dans tous les cas, quitte à paraitre contradictoire, j'ai décidé de continuer d'adorer le reboot de MacGyver (et celui de V, autre série des années 80 qui a été annulée après deux saisons) et de voir d'un mauvais ½il celui annoncé pour Charmed parce qu'il arrive trop tôt et apporte trop de modifications à l'original. Je pense également qu'en fonction du genre de la série (policier, action, fantastique) le reboot est plus ou moins bien apprécié par les fans de la première heure mais comme je ne sais pas trop comment développer cet argument, je vais vous laisser là-dessus (pour le moment) et vous conseiller vivement de vous essayez à ce reboot pour ses scènes d'action improbables, son humour, ses rebondissements, son méchant et aussi, pourquoi, parce que Lucas Till est pas le plus moche...

Something Rebooted This Way Comes 24/03/2018

Something Rebooted This Way Comes

Comme vous avez pu le lire sur la toile ces derniers temps, la chaîne américaine CW s'est lancée : Charmed, la série fantastique culte des années 90 va avoir droit à son reboot ! ... Et c'est tout sauf une bonne idée (de mon point de vue).
 
Charmed, c'est l'histoire de trois s½urs, les s½urs Halliwell plus précisément, qui découvre un beau jour (en fait non, il pleuvait ce soir-là) qu'elles sont des sorcières et plus précisément (encore !) qu'elles forment le Pouvoir des Trois, le plus grand pouvoir jamais connu. Elles apparaissent pour la premier fois sur les écrans américains en 1998 (et le 27 février 1999 en France sur M6).
Prue la sérieuse cartésienne (Shannen Doherty) hérite du don de télékinésie. Piper, la jeune cheffe qui manque d'assurance (Holly Marie Combs) peut figer le temps. Et Phoebe, la plus jeune et insouciante de la famille (Alyssa Milano) a des prémotions. Ensemble, elles affrontent quantités de démons et mauvais sorciers jusqu'à la fin de la saison où Prue décède (parce que Shannen et Alyssa ne s'entendaient plus - pour la faire courte). Apparait alors une quatrième s½ur, Paige (Rose MacGowan), qui est en fait une demie s½ur et aussi un demie Etre de Lumière (les anges de la série) et qui permet surtout, en 2001, de relancer la série. Parce qu'un Pouvoir des Trois à deux ça fonctionne vachement moins bien.
Charmed durera 8 saisons, soit 178 épisodes. Y apparaitront notamment les Cranberries, Rachel Lefèvre (Victoria dans Twilight), Billy Zaine (Cal dans Titanic), Charisma Carpenter de Buffy, Kaley Cuoco avant The Big Bang Theory ou encore Misha Collins avant Supernatural. Certains effets spéciaux ont objectivement mal vieilli et la série est peut-être un peu trop pleine de bons sentiments mais j'adore. C'est la série de mon enfance, l'une des premières que j'ai suivie aussi assidûment que possible à partir de 2001 (comme papa ne captait pas M6 mais maman si et que le replay n'existait pas, j'ai d'ailleurs manqué l'épisode où Prue meurt, je vous raconte même pas mon incompréhension quand j'ai vu débarquer Paige sur les affiches de la saison suivante) qui reste, encore aujourd'hui, l'une de mes préférés avec l'un des meilleurs génériques au monde.
Pendant huit saisons, on voit évoluer des s½urs, des femmes et des sorcières qui évoluent : Prue et Phoebe se réconcilient, Piper prend de l'assurance, Paige et Phoebe trouvent leur voie. Comme beaucoup de filles de mon âge, la série m'a donné envie d'être une sorcière, je m'identifiais beaucoup et, de fait, comme encore pas mal de fans de la première génération je n'ai pas envie d'un reboot.
 
Something Rebooted This Way Comes

Ca va être difficile de rester totalement objective en expliquant pourquoi je pense qu'un reboot est une mauvaise idée mais essayons quand même.
Outre le fait que rebooter en permanence des séries qui ont fait leurs preuves montrent clairement que les studios n'ont pas d'imagination pour proposer des nouvelles idées (ou qu'ils n'osent pas les proposer de peur d'un flop, ce qui est presque pire), le reboot, ce n'est absolument pas ce que les fans de la première heure attendaient (et, de mon point de vue, ils constituent une sacrée par de l'audience ciblée par la production).
Ca fait en effet quelques années que les actrices de Charmed ont mis leurs différends de côté (ainsi, Alyssa Milano a publiquement soutenu Shannen Doherty pendant son cancer) et se sont prononcées en faveur d'un revival qui ferait office de suite (un peu comme ce qui a été fait l'an passé pour Gilmore Girls, avec tous les défauts que ça pouvait avoir) en se concentrant par exemple sur la nouvelle génération de sorciers (dont il était question à partir de la fin de la saison 5 de Charmed) et qui, surtout, ferait plaisir aux fans de la première heure (qui se déchainent via Twitter contre le reboot). Pourquoi, en effet, rebooter un concept quand tout ce qe les gens attendent c'est la suite et qu'il existe des moyens de donner lieu à cette suite ?
CW n'est malheureusement pas de cet avis.
Il avait été question, il y a quelques mois, de partir sur une sequel qui se situerait dans les années 70 mais cette idée a été apparemment totalement abandonnée. En effet, CW a récemment annoncé le point de départ de sa nouvelle série : un campus universitaire sur lequel l'aînée des s½urs enseignera pendant que les deux autres y étudieront.
Comme dans la série originale, les trois jeunes femmes seront très différentes et les différences d'âge semblent plus ou moins rester les mêmes (approximativement : l'aînée aura 28 ans, la cadette 25 et la benjamine 22). Elles ne porteront pas un prénom commençant par P mais un prénom en M. La série se revendique d'un nouveau genre, à la fois forte, drôle et féministe et avec un twist inattendue : la deuxième s½ur sera lesbienne.
Et dans toute cette annonce, il y a quantité de problèmes.
Pour commencer, la série d'origine était déjà forte, drôle et féministe puisqu'elle mettait en scènes un trio de femmes bien décidées à ne pas (trop) dépendre des hommes et à botter le cul du plus grand nombre de démons possibles. On se souviendra aussi de l'épisode The Bare Witch Project dans lequel, imitant la légendaire Lady Godiva, Phoebe traversait San Francisco nue sur un cheval pour protester contre le droit de Piper d'allaiter son bébé en public (une cause qu'Alyssa Milano défend "pour du vrai" depuis pas mal d'années, d'ailleurs). Peut-on faire revendication plus féministe que de parler de l'usage premier des seins ? Ca me parait difficile.
Pour ce qui est d'être drôle et forte, la série l'est de mon point de vue mais je vous laisse seul juge de cet aspect.
Autre problème (soulevé notamment par Holly Marie Combs sur Twitter) : le twist gay. L'homosexualité d'un personnage, en 2018, ne devrait sous aucun prétexte être vendu comme un twist. C'est un fait, point barre. Et je ne pense pas devoir épiloguer là-dessus (mais allez, je veux bien croire que CW ait juste fait une erreur de comm).
Enfin, les s½urs ne seront plus des Halliwell (LE nom de famille que je rêvais de porter) mais des Pruitt. Outre le manque d'élégance de ce choix, je pressens par avance les "Prout" français encore moins élégant. J'ai mal aux oreilles d'avance.
Je n'irai pas jusqu'à dire que cette série va gâcher mon enfance parce que la série que moi je chérie existera toujours. Il est aussi possible que la nouvelle génération qui n'a pas connu Charmed puisse apprécier cette nouvelle version. Pour moi, je sais que ce sera difficile. J'espère (?) vous en reparler quand les premiers épisodes seront sortis. Pour le moment, je ne suis ni convaincue par le choix des actrices, ni par celui des prénoms, ni par le nom de famille, ni par l'idée derrière. Mais je sais aussi qu'il faudra sans doute laisser sa chance au programme avant de véritablement le juger.

The Brightest Hour of Gary Oldman 05/03/2018

The Brightest Hour of Gary Oldman
Hier soir, au Dolby Theater de Los Angeles avait lieu la 90e cérémonie des Oscars. Et croyez-moi, je le sais bien car j'ai veillé jusqu'à 6 heures du matin pour y assister, derrière mon écran d'ordinateur, après avoir gaspillé un temps certain à chercher comment capter ABC depuis la France (puisque Canal+ n'avait pas la décence de diffuser la cérémonie en clair). Mais je devais être là, ou plutôt j'y tenais de tout mon c½ur pour vivre en direct le sacre du talent de mon acteur préféré : Gary Oldman, dont j'avais très envie de parler depuis des lustres.
The Brightest Hour of Gary Oldman

Comme beaucoup de personnes de ma génération, j'ai fait la connaissance de Gary Oldman lors de la sortie d'Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (a - accessoirement mon roman et mon film préféré de la saga), film dans lequel il endosse le costume (miteux) de Sirius Black, parrain de Harry Potter (et accessoirement mon personnage préféré de toute la saga, ce qui est peut-être un peu lié à Oldman, d'ailleurs). Outre me faire définitivement tomber en fanatisme absolu de la saga magique, ce volet m'a permis de découvrir un acteur de talent... accessoirement très séduisant (on notera que "accessoirement" semble mon terme fétiche pour cet article).
Récemment, une amie me demandait avec quel film je suis devenue totalement folle de Oldman et... je n'ai pas su répondre. Comme si c'était une évidence tant il respire le talent.
Dans Harry Potter, il est cet ancien jeune homme très séduisant condamné à tort pour le meurtre de ses meilleurs amis (mais je ne vous apprend rien) qui deviendra cet homme en cavale toujours près à risquer sa vie pour son filleul (what's life without a little risk? le dit lui-même) dont le nom ne sera réhabilité que de manière posthume (puisque J.K. Rowling avait la fâcheuse manie de tuer tous les modèles masculins de Harry et qu'en plus Gary Oldman a, quant à lui, la tendance à mourir dans ses films. Non sans panache, cela dit.

The Brightest Hour of Gary Oldman
Une tendance exacerbée par ses traditionnels rôles de vilains méchants (pas beaux étant plus ou moins optionnel). Car une fois contaminée par son talent grâce à Harry Potter, j'avais rapidement comblé mon ignorance au sujet de sa déjà longue carrière en visionnant notamment ses deux collaborations avec Luc Besson : dans Léon (The Professional) et Le Cinquième Elément (The Fifth Element) deux excellents films où 1) il joue les connards comme seul lui sait les interpréter et 2) il meurt à la fin (les films datant des années 90, je pars du principe que ce n'est plus un spoiler que de le dire).

Et malgré tout ça, je lui ai toujours trouvé un charme fou en flic corrompu accro à la drogue. Ca doit être le côté bad boy...
Pour continuer la leçon "comment se faire haïr en 10 rôles", Gary est effrayant de cruauté dans Meurtre à Alcatraz (Murder in the First) aux côtés de Christian Slater ou encore quand il emprunte l'accent russe pour Lost in Space (avec Matt LeBlanc de Friends série dans laquelle il fait une apparition, peut-être pour changer un peu de registre et montrer que oui, il sait tout faire) en Némésis du président Harrison Ford dans Air Force One ou avec cette mort très douloureuse mais méritée dans True Romance. Décidément oui, une tendance se dessine.
 
The Brightest Hour of Gary Oldman
On connait aussi Gary Oldman pour son magnétisme, sa présence si particulière à l'écran et son habilité à se glisser dans la peau de véritablement n'importe qui.

Au début des années 90, il est Dracula dans le film du même nom de Francis Ford Coppola (version jeune et sexy et version âgée et glauque - mais je n'affiche que la sexy car c'est encore mon article) aux côtés de Wynona Ryder et Anthony Hopkins. Et je peux vous assurer que le charme opère. Mais, tel un Sean Bean, il meurt, encore.
Quelques années plus tard, il est aussi Ludwig Van Beethoven dans Ludwing Von B (Immortal Beloved) et, là encore, l'incarne sur toute la durée de sa vie d'adulte. A noter que les artistes maquilleurs d'alors auraient largement mérité la nomination aux Oscars pour le travail effectué sur Oldman.
Dont les prothèses devinrent aussi la marque de fabrique, jusqu'à son rôle de Mason dans Hannibal, un rôle difficile du fait des contraintes que prothèses et lentilles lui infligeaient (je vous laisse checker sa sale gueule vous-même sous Google). Méconnaissable, certes, sauf de part son talent immense.
 
The Brightest Hour of Gary Oldman
Enfin, il arrive aussi que Gary Oldman incarne un gentil. Ca peut paraitre rare, vu tout ce que j'ai dit, mais ça lui arrive, notamment dans la trilogie (fabuleuse) Batman de Christopher Nolan où il endosse l'uniforme de Jim Gordon, l'allié du chevalier noir qui a trop la classe, je vois juste pas comment le dire autrement.

Plus récemment, évidemment, tout le monde sait qu'il a incarné Winston Churchill dans Les Heures sombres (Darkest Hour). Et depuis environ quatorze heures (il a été sacré vers 5h20 du matin) tout le monde sait aussi qu'il a obtenu, à bientôt soixante ans (le 21 mars prochain), sa première statuette de l'académie. Je ne regrette évidemment pas d'être restée debout (je peux même dire que cette victoire - méritée en dépit d'une belle concurrence - m'a bien réveillée).
Pour revenir aux aspects plus cinématographique, Gary est méconnaissable dans ce rôle de premier ministre anglais au moment le plus sombre (d'où le titre du film) de son pays et incroyable de justesse et de puissance.
Il fait, en bref, ce qu'il sait faire le mieux : avoir un immense talent.
 
J'aimerais trouver une petite phrase de conclusion pour vous inciter, si c'est toujours pas fait, à voir Darkest Hour mais la phrase serait vraiment proustienne et indigeste Ce film m'a bouleversée. On a beau dire que ce n'est pas l'apogée de la carrière d'Oldman (nommé pour La taupe - Tinker, Taylor, Soldier, Spy - mais pas couronné alors) mais en fait je m'en fous. Pendant les deux heures de film je n'étais plus dans l'UGC George V j'étais à Londres en mai 1940. Le montage, la musique, Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Lily James, les costumes, les décors, la mise en scène et la musique (de Dario Marianelli malheureusement pas nommé aux Oscars), tout vous embarque dans cette histoire, ce tournant de la guerre, celui durant lequel Hitler aurait pu abattre définitivement les Britanniques.
Le film ne raconte qu'une vingtaine de jours de mai 40 et je dois bien avouer que j'aurai aimé faire toute la guerre avec ce Winston qui en impose, tant par la carrure que les discours - d'autant plus quand il est incarné par Gary Oldman qui en impose aussi, avec son talent.

Salvation : le monde des séries a trouvé son salut 10/02/2018


On le sait : des séries, y en a trop. De partout, toujours plus, tout le temps, encore et encore. Au final, peu sortent réellement du lot, ce qui explique que beaucoup soient si rapidement annulées. Et puis, de temps en temps, une pépite se détache. La dernière que j'ai trouvée s'appelle Salvation, est une production américaine et vient d'être renouvelée pour une deuxième saison.
 
Noël approchait, il était samedi soir et comme bien souvent , il n'y avait pas grand chose à la télé. A moins que... Mon père et moi avons eu cette fameuse conversation qu'on a souvent au dîner : on regarde quoi ce soir ? Parce que c'est quand même plus sympa d'être à deux à fixer le même écran dans la même pièce que de faire dans deux endroits séparés. Entre autres choses. Il a mentionné la nouvelle série de M6 en disant "je sais pas ce que ça vaut". Eh bah ça nous faisait un point commun. Salvation ? Je n'en avais jamais entendu parler. Ja-mais. Un vrai OVNI et je ne croyais pas si bien dire puisqu'effectivement il avait être question de l'espace.
Pour la faire courte : j'ai lu le résumé dans le programme et j'ai vu le mot "météorite" qui fait partie des termes qui m'interpellent. Il faut savoir, en fait, que je suis très intéressée par l'astrophysique et l'astronomie, ceci explique cela. La série promettait qu'on allait en parler, on lui a donc donné sa chance.
Et cela fait sans doute partie des meilleures décisions que j'ai prises en décembre 2017. Car je n'avait pas autant été embarquée par une série depuis Desperate Housewives en 2004 (même si ce n'est carrément pas le même genre).
Le premier soir, la Six a diffusé 4 des 13 épisodes de la saison. Croyez-le ou pas mais ça ne m'a pas rassasiée. J'en voulais plus. Tout de suite. Maintenant. Plus vite. Une vraie droguée déjà en manque. La semaine m'a presque paru longue (j'aurais pu la trouver en streaming, certes, mais j'aime me compliquer la vie et éviter le binge watching).
Mais alors que quoi ça parle, Salvation, pour que ce soit aussi addictif ? Ca nous parle de Liam Cole (Charlie Rowe), brillant étudiant du MIT qui découvre qu'une météorite risque d'anéantir toute forme de vie d'ici 186 jours, soit un peu plus de six mois. Il prévient son professeur et à partir de là les ennuis commencent. Le gouvernement rentre notamment en jeu en la personne de Grace Barrows (Jennifer Finnigan), la porte parole du Pentagone (le ministère de la défense aux USA) et son supérieur (et amant) que j'ai eu envie de claquer pendant la moitié des épisodes. Entre aussi en jeu la société Tanz, et son fondateur charismatique (l'autre love interest de Barrows).  Et aussi, dans le désordre : des complots, des problèmes scientifiques, la petite amie la moins compréhensive au monde qui au final le devient quand même un peu, une journaliste fouineuse qui méritait aussi des baffes mais qui a fini par devenir super badass, une morte qui ne l'est pas pour du vrai, une trahison que j'avais absolument pas vue venir (pour le coup je me suis réellement sentie trahie) et une autre dont je me doutais un peu plus. Et aussi les Russes, histoire d'introduire du conflit géopolitique dans tout ce bazar.
Bien sûr, au milieu de tout ça, il faut trouver un moyen de dévier l'astéroïde qui se dirige droit sur la Terre tout en n'en parlant pas au commun des mortels mais en mettant en place un plan B au cas où on ne pourrait pas éviter l'explosion de la planète. Ce plan consiste au sauvetage de 160 élus triés sur le volet qui seraient, dans le pire des cas, chargés de faire perdurer l'humanité dans l'espace (pour rester relativement simple).
Et comme la série a été reconduite, vous vous doutez bien qu'on ne vit pas ces 186 jours fatidiques en une seule saison. Oh que non. Je suis donc en manque depuis quelques semaines maintenant, du fait d'un cliffhanger particulièrement dramatique (évidemment) destiné à nous tenir en haleine. La saison 2 devrait être diffusée à l'été outre Atlantique.
D'ici là, je vous conseille vivement de rattraper la première et de ne pas faire autre chose en même temps si vous voulez tout suivre. De plus, vous aurez le temps d'admirer le séduisant Charlie Rowe, 22 ans bientôt (soit trois de moins que moi) qui me fait sentir un peu vieille car je n'ai clairement pas accompli grand chose du haut de mon bientôt quart de siècle (mais ce n'est pas directement lié à la série). Vous aurez aussi le plaisir d'admirer le générique qui ressemble à l'ouverture du journal télé. Mais je sais pas si c'est voulu.

The Greatest Movie ? 30/01/2018


The Greatest Showman est la nouvelle comédie musicale américaine actuellement à l'affiche, car, apparemment, Hollywood s'est décidé à en sortir une tous les ans... Ou alors, la sortie du film près d'un an après celle de La La Land (qui avait raflé pas mal de prix et fait couler tout autant d'encre) n'est qu'une coïncidence. Dans tous les cas, le résultat est le même : je suis allée voir le film, parce que j'adore ce genre-là.
 
Et je n'ai pas été déçue alors même que la bande annonce m'avait laissée assez indifférente tandis que toutes mes amies (ou presque) écoutaient déjà la bande originale depuis 15 jours sinon trois semaines. J'ai alors hésité à y jeter une oreille ou deux, histoire de savoir ce qu'elle avait de si intense, mais j'ai finalement préféré me réserver la surprise pour quand je serai dans la salle obscure, à la séance de 10h55 où nous étions que trois personnes. Et je n'ai absolument aucun regret.
Pour la faire courte, le film m'a embarquée en à peu près 30 secondes, avant même que le refrain de The Greatest Show (comédie musicale oblige on commence en chanson) ne retentisse. Mon pied battrait dès lors la mesure à chaque numéro musical mais cela n'allait embêter personne puisque la salle était particulièrement déserte. Bref, j'ai adoré, tant et si bien que j'ai commandé la bande originale sur le site de la Fnac dès mon retour à la maison. Je l'ai reçue 36h plus tard, ce qui m'a paru à la fois terriblement court et atrocement long. Et depuis, inutile de vous dire que le CD a déjà servi !
 
Mais j'ai quand même essayé de réfléchir aux qualités rationnelles du film.
 
Le scénario :
 
Pour ceux qui l'ignorent, The Greatest Showman s'inspire de la vie réelle de Phinéas Taylor Barnum qu'on pourrait qualifier de père du showbusiness et des spectacles modernes. Les chansons en plus, je suppose. Je ne doute en effet pas que le scénario ait pris certaines libertés, en plus de la musique, et il fallait au moins cela pour rendre l'émerveillement aussi fort. Pourtant, le scénario n'a en fin de compte rien de révolutionnaire : il s'agit d'une énième success story à l'américaine (les USA étant le pays des self-made men, s'il est encore besoin de le rappeler) faite de hauts et de bas, avec une grosse catastrophe en fin de film afin que le héros ne s'en relève que plus triomphant - le tout en ayant appris que l'argent et le succès ne font pas tout et que la famille et l'amour sont le plus important. De belles valeurs, assurément, mais qu'on ne peut pas accuser de changer la face du cinéma à jamais.
Et pourtant, ça fait rêver. Danser, aussi, sur le fauteuil du cinéma puis la route du retour. Je suis ressortie de la salle à la fin du générique : comme les spectateurs du cirque Barnum, j'avais la banane, le c½ur léger et j'en aurai voulu encore davantage. Un film, en somme, parfait pour s'évader de son train-train quotidien (promesse que P.T. Barnum fait à ses clients, justement) qui résume aussi bien le but du cinéma.
 
Les Freaks :
 
P.T. Barnum a certes inventé le spectacle moderne mais force est de constater que le contenu a tout de même un peu changé entre 1870 et nos jours. Pour impressionner les badauds, il réunit ceux qu'on appelle les "freaks" ou monstres de foire, de la femme à barbe au nain en passant par toute la palette de couleur, forme etc. Le tout servit par des acteurs de talents mais un peu sous-exploité. Je m'attendais à en apprendre un peu plus sur ces personnages haut en couleurs au passé difficile et... bah en fait non. Seule la chanson This is Me leur est consacrée mais fait plutôt écho à I am What I am de Goria Gaynor qu'à une véritable biographie. Au final, je n'ai même pas retenu le prénom de tous ces personnages... Dommage qu'un film qui avait l'opportunité de célébrer la différence (et le fait néanmoins).
Je n'ai aussi pu m'empêcher de noter le parallèle certain (pour ne pas dire criant) entre ces monstres et ceux du Freaks (ou La Monstrueuse parade en VF) de 1932, excellent film du début du cinéma parlant (qui a dû commencer vers 1928) qui raconte les déboires de ces monstres, justement, dans un cirque et plus particulièrement l'amour que Hans, illusionniste atteint de nanisme, porte à Cléopâtre, la trapéziste "normale" attirée par son argent plutôt que ses sentiments sincères, contrairement à Freida, elle aussi atteinte de nanisme. Un cirque, des freaks, une jolie femme qui attire des problèmes... Pas de chansons, certes, et moins de couleurs puisque le film est en noir en blanc. Mais les éléments essentiels sont là pour tracer le parallèle. On notera d'ailleurs que les personnages de Freaks (femme à barbe, nains, géants, siamoises et j'en passe) furent à l'époque interprétés par de "vrais" monstres de foire, ce qui n'est clairement pas le cas de ceux du Greatest Showman. Si c'est gênant ? Pas réellement. Mais c'est un fait.
 
Le casting :
 
Un film à succès avec des têtes d'affiche aussi talentueuses que prestigieuses pour le vendre. En tête, justement, Hugh Jackman, qui n'en est pas à son coup d'essai dans l'univers du musical. On se souvient en effet de son interprétation bouleversante (mais moins dansante) de Jean Valjean en 2012 dans Les Misérables. Ou alors de certaines publicités particulièrement dansantes qu'il a faites aux USA et démontrent, certes mal, tout son talent sur les planches. Et je suis à peu près persuadée qu'il a fait d'autres choses en rapport même si je ne connais pas particulièrement sa filmographie. Dans tous les cas, il est énergique, chante juste et donne le ton (le la pourrait-on dire) du film avec brio.
Il partage l'affiche avec un certain Zac Efron que j'avais quitté après la trilogie High School Musical et qui, dans ma tête, n'était qu'un acteur de seconde zone qui plait aux midinettes (dont j'ai un jour fait partie, pour information). Et... en fait, non, pas du tout. Il sait toujours chanter aussi bien (sinon mieux) sauf qu'il chante des chansons un peu plus subtiles qu'alors (voire beaucoup plus) mais on y reviendra.
Vient ensuite Michelle Williams, que j'avais aussi connue il y a fort longtemps, à l'époque de son rôle dans Dawson's Creek, autant dire, il y a un siècle. D'ailleurs, on se rappelle assez peu qu'elle a débuté là-dedans avant d'être Marilyn dans My Week with Marylin, la femme de feu Heath Ledger et un tas d'autres choses qui ne me viennent pas en tête. Et malgré tout ça, je ne crois pas que je l'avais un jour entendue chanter ! Erreur réparée même si elle intervient musicalement assez peu, c'est tout de même suffisant pour profiter de son joli grain.
Ce film m'a aussi permis de découvrir tous les "seconds rôles" : Anne Wheeler sous les traits de Zendaye, le timbre impressionnant de Keala Settle qui incarne Lettie, la femme à barbe et fort caractère mentionnée plus haut ou encore le timbre tout aussi impressionnant de Rebecca Ferguson dans le rôle de la chanteuse d'opéra Jenny Lind. Et j'en oublie la moitié. Le point important reste qu'ils étaient tous géniaux.
 
Les numéros musicaux :
 
C'est inévitablement sur ces aspects qu'on attend les comédies musicales au tournant. Celle-ci ne fait pas exception et n'est pas sans rappeler, je trouve, un certain Moulin Rouge! qui se situait déjà dans l'univers du spectacle - pas destiné au même public, certes.
Je l'ai fait comprendre plus haut, les chansons m'ont fait vibrer les tympans de plaisir et continuent de le faire tous les jours depuis une petite semaine. Et la mise en scène a fait sensiblement le même effet à mes yeux. Les chorégraphies et la réalisation sont sublimes, maîtrisées et vendent du rêve. Les couleurs des costumes viennent compléter l'effet. Ca tombe bien, c'est le but de P.T. Barnum.
Mon numéro préféré est sans conteste celui de Zac Efron et Zendaya sur Rewrite the Stars, qui se trouve aussi être la chanson qui m'a le plus marquée, quoique j'ai particulièrement aimé aussi Tightrope, le solo de Michelle Williams ou encore Never Enough par Loren Allred, candidate de The Voice US (fait qu'une de mes fidèles lectrices m'a précisé donc oui, j'ai édité le sujet sans aucune honte car ladite candidate chante vraiment super bien... mais pas Rebecca, a priori, sinon elle ne serait pas doublée). Des chansons qui hérissent le poil. The Greatest Show, elle, donne plutôt envie de danser, ouvrant et concluant le film dans une myriade de paillettes et couleurs oniriques. Et bien sûr, il y a la chanson de la "rédemption" du héros (dont je parlais aussi plus haut) : From Now On, au titre assez explicite (dorénavant en VF).
 
Conclusion :
 
The Greatest Showman, c'est typiquement le genre de film qui me font rêver et pleurer à des moments aléatoires que même moi je ne peux pas prédire. C'est aussi pile le genre de films que mon père n'apprécie pas, parce qu'il n'aime pas quand ça chante en permanence. Qu'il se rassure : il n'y a que 11 chansons (et croyez moi j'ai eu l'impression qu'il y en avait bien plus) pour une petite cinquantaine de minutes de chant sur tout le film. Il y a aussi des couleurs, de la joie, du rêve et du beau spectacle, ce qui n'est pas sans rendre hommage au sujet traité : le cirque. Un peu de contexte social autour des freaks mais très peu car on sent que ce n'était pas le but du film. C'est critiquable j'imagine si on s'attendait à un film contestataire mais ce n'est pas le but de celui-ci. The Greatest Showman n'a, je pense, que vocation à faire rêver et il le fait bien. On le verra sans doute aux Oscars début mars car il en mérite quelques uns (sans aller jusqu'à mériter les plus prestigieux, néanmoins, laissez l'Oscar du meilleur acteur à Gary Oldman... de toute façon Hugh Jackman n'est pas nommé dans cette catégorie).

L'insubmersible Titanic 09/01/2018

Le 19 décembre 1997 (7 janvier 1998 en France) sortait ce qui allait devenir le plus gros carton du box office : Titanic, aussi connu pour avoir été "le film qui allait couler Hollywood" tant sa réalisation a été onéreuse. Il est aussi connu - ou pas - pour compter parmi mes films préférés, celui que je regarde au moins une fois par an depuis 2001, l'année de mes 8 ans quand je l'ai découvert. Quand on aime, manifestement on ne compte pas.
 
Du moins, je ne compte pas. D'ailleurs, je vais vous laisser approximer vous-mêmes le nombre de fois que j'ai vu ce film. C'est un peu cliché, j'en conviens mais c'est tellement bon !
Du coup, c'est un peu délicat de parler objectivement ce film puisque, vous l'aurez sans doute compris mais je vais le redire, je l'adore. Vraiment. Beaucoup. Beaucoup trop.
Lors de mon premier visionnage, j'étais bien sûr incapable d'apprécier les considérations techniques de réalisation et sans doute pas assez mûre pour véritablement juger la performance des acteurs. L'histoire, en revanche, m'a toujours embarquée et continue de m'embarquer autant même si je connais quasiment toutes les répliques par c½ur, en VF et en VO. Roméo & Juliette sur le naufrage le plus marquant du XXe. Quoi de mieux pour un succès ?
Ce n'est en fait que plus tard que j'ai compris qu'au début Rose est franchement une peste. Jack, en revanche, fut - là encore c'est un cliché - mon premier fantasme au ciné. Et j'ai naturellement beaucoup pleuré (et je continue de pleurer) sa mort tragique. Jeune, beau, libre. Jack a fait bien plus que lancer la carrière de Leonardo DiCaprio : il m'a fait découvrir qu'il était possible (quoique peu acceptable socialement) d'aimer un peu trop un personnage de fiction.
Je détestais naturellement Cal (Billy Zane) que la petite psychopathe que j'étais aurait voulu voir mourir plutôt que les autres. Mais ce n'est que plus tard que 1) j'ai fantasmé sur lui dans Charmed et 2) j'ai prêté attention à son talent d'acteur, ainsi qu'à celui de Katy Bates (Molly Brown) qui a quand même été oscarisée pour Miserey, c'est pas rien. Andrews, l'architecte, a toujours eu ma sympathie mais ce n'est que récemment que j'ai vu (littéralement) à quel point l'acteur avait été bien casté puisqu'il ressemble trait pour trait au vrai Andrews qui, comme approximativement 1500 personne, péri sur le RMC Titanic aux petites heures du 15 avril 1912.
En fin de compte, si le film a aussi bien marché (et continue de bien marcher) c'est aussi le fait du travail acharné de James Cameron et sa précision d'orfèvre pour restituer au mieux les dernières heures d'un paquebot prétendument insubmersible. Qu'il s'agisse du casting, des accessoires (la porcelaine du film a été réalisée par la même entreprise qu'en 1912), du décor (même constat pour la moquette) et des conditions de tournage qui valurent une pneumonie carabinée à Kate Winslet (qui ne pouvait pas tourner en combi de plongée du fait de sa robe légère mais pataugeait aussi dans une eau à 16 degrés).
Bref, on s'y croit. Et on s'y croyait encore plus en 2012 quand le film est ressorti en 3D, ce qui me donna, enfin, l'occasion de le voir sur grand écran (cette année-là, entre le ciné, les rediffs pour le centenaire et le DVD, je l'ai vu 3x). Un film parfaitement conçu à l'origine pour cette technologie avec des séquences dans de longs couloirs profonds et, bien sûr, le naufrage final, absolument impressionnant sur grand écran et en 3D qui plus est.
Et puis il y a aussi la musique, sublime, de James Horner, et cette chanson finale (My Heart Will Go On, s'il est besoin de le rappeler), qui achève de... m'achever dans un torrent de larmes à chaque fois que le film se termine. Elle sera d'ailleurs primée aux Oscars de 1998.
Bien sûr, il y a aussi la vraie tragédie humaine, à laquelle on ne peut que penser en visionnant le film. Si Jack et Rose ne sont qu'une fiction (bien qu'il y ait eu un J. Dawson sur le paquebot), le naufrage est bien réel. Il fut la catastrophe maritime la plus dramatique du siècle dernier et hanta sans doute ses survivants. On peut débattre des heures là-dessus, inventer moult théories du complot et même s'interroger sur cette histoire de porte où Rose a survécu. Mais je préfère ne pas entrer dans le débat.

The Book of Coco 10/12/2017

En cette période de fêtes, les films sur Noël ne vont pas tarder à proliférer, c'est pourquoi nous allons parler... du monde des morts mexicain.
A moins d'habiter dans une grotte - ce que je ne vous souhaite pas - vous savez que le dernier Disney Pixar, Coco, est sorti depuis une dizaine de jours. Et pour peu que les studios Dreamworks vous disent quelque chose, vous savez aussi qu'un autre film prenant pour thème le monde des morts mexicains est sorti en 2013 : The Book of Life ou, pour les adeptes de la VO,  La Légende de Manolo.
J'ai vu et adoré les deux, je me sens donc légitime pour en parler.
 
The Book of Coco

 
J'ai découvert ce film d'animation l'an passé, après qu'une amie m'en ait rabâché les oreilles pendant un certain temps. J'ai apprécié son esthétique particulière, assez éloignée de ce à quoi nous habitue Disney, ses chansons et bien sûr son histoire.
Dans cette version du monde des morts mexicains, l'histoire la Muerté et Xibalba, deux personnages imminents de la traditionnelle fête des morts locale, est racontée par une institutrice à ses élèves le jour de la fameuse fête. Le film est, de fait, un immense flashback qui nous propulse deux trois siècles plus tôt et s'avère être bien plus qu'une légende, en dépit du titre français. Le titre original, lui fait référence aux registre tenu par le personnage du Chandeleur pour chaque vivant jusqu'au jour de sa mort.
Mais pour revenir à l'histoire...
La Muerté est la gardienne du Royaume des Âmes Chéries, celui dans lequel atterrissent les morts, un royaume coloré et festif. Xibalba, lui, en plus d'être son amant (leur relation est néanmoins assez tordue) est le gardien du Royaume des Oubliés, celui dans lequel atterrissent les morts.... oubliés, oui, tout est dans le nom. Probablement parce qu'ils s'ennuient, ces deux-là décident de parier sur l'identité de l'homme que Maria épousera. Manolo le torero ou... l'autre gars dont j'ai pas retenu le nom car il n'est pas le héros. Fourbe, Xibalba triche, tentant de tuer Manolo mais c'est finalement Maria qui décède (mordue par un serpent).
Et Manolo de se décider à aller la récupérer dans le monde des morts.
Ici, on part presque sur une réécriture du mythe d'Orphée qui finira cependant mieux que la légende d'origine.
On s'intéresse également à la question de la tauromachie, pratique cruelle mais traditionnelle donc défendue par certains. Manolo, lui, n'a pas envie de suivre la voie de son père dans ce sport (comme il le chante dans The Apology Song à la toute fin du film pour apaiser un taureau de feu envoyé par Xibalba pour le tuer) mais de chanter. La musique, en effet, tient une place primordiale dans l'intrigue avec des chansons originales (Live Life ou I Love You Too Much) mais aussi une reprise ou deux d'Elvis.C'est grâce à cette ambition en désaccord avec la tradition des ancêtres de Manolo que le thème de la mort, puis celui de l'évolution (bah oui, tuer des taureaux pour le fun c'est pas spécialement évolué comme divertissement) du passé vers le futur seront abordés.
Et, vous l'aurez compris, les histoires d'amour (Manolo et Maria mais aussi La Muerté et Xibalba) ont aussi un rôle prépondérant dans l'intrigue. Deux romances qui se termineront évidemment bien, dessin animé oblige.
 
The Book of Coco

 
Pour ce qui est de Coco, je suis allée le voir au cinéma il y a une semaine, ce qui explique que mes souvenirs soient plus précis et ma tentation de spoiler d'autant plus grande.
Ici encore, la musique tient une place majeure dans l'histoire, ce qui est plus lié à la culture mexicaine qu'à une volonté de copier le studio concurrent. Du moins je pense.
En effet, Miguel est né dans une famille où la musique est interdite pour une sombre histoire dont il découvrira le fin mot au cours de son aventure dans le monde des morts, aventure qui débutera évidemment le jour de la fête des morts.
Contrairement à Manolo, Miguel ne meurt pas pour traverser le passage mais y est amené après avoir touché la guitare d'Ernesto de la Cruz, la vedette locale, dans l'idée de la voler. Et le vol, c'est mal. Fait intéressant cependant : s'il reste trop longtemps dans le monde des morts, il va finir par mourir lui aussi. Miguel doit repasser la frontière avant le lever du soleil ou il sera trop tard. D'ailleurs, son corps devient peu à peu un squelette. D'ailleurs, pour repartir chez les vivants, pas de Muerté ou de Xibalba mais une bénédiction de ces ancêtres et c'est précisément à cause de cela que tout dérape. Ou démarre, question de point de vue.
Comme son arrière-grand-mère pose pour condition à son renvoi de ne jamais plus chanter, Miguel se sauve, bien décidé à trouver Ernesto de la Cruz himelf pour obtenir sa bénédiction puisqu'il serait l'un de ses ancêtres également - en plus d'être son idole de toujours. En chemin, il comprendra l'importance de se souvenir (en témoignant la chanson phrase, Remember Me) et celle de sa famille. Il fera aussi la rencontre d'Hector, un squelette qu'on commence à oublier et qui ne peut jamais sortir chez les vivants car personne ne met sa photo sur l'ofrenda (un aspect totalement absent dans Manolo qui nous en apprend peut-être plus sur le monde des morts en lui-même mais moins sur la tradition célébrée par les vivants) qui accepte de l'aider en échange de sa photo posée sur l'autel.
Un concours de chant et quelques péripéties plus tard saupoudrés d'aveux en tous genres, une grande révélation viendra bouleverser les relations entre les personnages et là, faudra commencer à sortir les kleenex et espérer que les gentils vont s'en sortir (ce sera le cas, on est chez Disney Pixar) et que Hector ne sera pas oublié par sa fille, Coco, celle qui donne son titre au film et qu'on voit, en fin de compte, dix minutes en tout et pour tout (moi, de base, je pensais que Coco c'était le surnom du héros, j'y étais pas du tout). Alors qu'on pleure quand même moins devant Manolo. Mais Pixar a ce don particulier (frappant aussi dans Toy Story 3) pour parler à tout un chacun, choisir le bon exemple et le bon ton et, pour peu qu'on ait fait l'expérience du décès de quelqu'un, ça y  est, c'est bon, les vannes s'ouvrent toutes seules. Ou alors c'est juste moi. Sur cet aspect, Manolo est bien plus light.
Et bien sûr, le tout est animé d'une main de maitre avec une mention spéciale aux expressions faciales ultra subtiles et aux doigts sur les guitares qui jouent les vraies notes du morceau. Car chez Pixar, on aime se compliquer la vie.



***
 
En fin de compte, bien que traitant globalement du même thème, les deux films me semblent offrir une approche radicalement différente.
D'un côté, une légende racontée (je vous laisse deviner par qui en réalité) pour expliquer à des enfants l'importance du jour des morts, le tout saupoudré d'une histoire d'amour passionnel avec deux mondes des morts, une quête pour sauver sa propre vie et la tauromachie dénoncée tout du long. De l'autre, une réflexion sur l'importance de ne pas oublier d'où on vient pour comprendre qui on est et savoir où aller, dans un monde des morts où on peut encore mourir d'oubli sans savoir où on va ensuite.
D'un côté les morts qui jouent avec les vivants, de l'autre le vivant qui se retrouve malgré lui à jouer avec la mort.
D'un coté une mort annulée, de l'autre une mort avérée (de qui, je vous laisserai l'apprendre par vous-même).
D'un côté la tradition obsolète, de l'autre la tradition qu'on emporte avec soi.
Mais des chansons et de la couleur de part et d'autre. Et des morts, vu que c'est le thème.

Broadchurch : le charme des séries anglaises 26/10/2017


On ne va pas se mentir, la présence de David Tennant dans le casting de Broadchurch fut un argument de taille qui m'incita à m'intéresser à cette petite série britannique de trois saisons. Et il fut loin d'être la seule qualité du programme...
 
En comparaison à la plupart des séries américaines, les séries britanniques ont la qualité indéniable de "faire plus vrai". Les adolescentes de 16 ans font leur âge, tout le monde n'est pas une gravure de mode (parce que oui dans la vraie vie y a aussi des moches ou, du moins, des moins beaux) et l'intrigue ne rebondit pas de façon spectaculaire toutes les dix minutes. Broadchurch ne déroge pas à la règle. Là où Les Experts auraient traité la mort de Danny Latimer en 40 minutes top chrono, Broadchurch prend le temps de poser son cadre, ses personnages et de faire avancer l'enquête plus lentement puisque toute la première saison est consacrée à l'élucidation de cette sordide affaire.
Mais reprenons du début.
Le corps de Danny Latimer, 11 ans, est retrouvé sans vie au pied de la falaise de la petite ville de Broadchurch où tout le monde se connait et tout le monde sera soupçonné. Pour mener l'enquête, Ellie (Olivia Colman) fait équipe avec son nouveau supérieur, le lieutenant Hardy (David Tennant) qui n'a manifestement jamais appris à sourire et dissimule quelques secrets.
Une dizaine d'épisodes plus tard, l'identité (surprenante, mais je vais être sympa et ne spoiler personne) du tueur est découverte. La seconde saison sera ainsi entièrement consacrée à son procès (chose, encore une fois, rarissime dans les séries américaines beaucoup plus rapides) et quelques sous-intrigues liées au passé trouble de Hardy ou à la nouvelle grossesse de Madame Latimer (Jodie Withaker).
Enfin, la troisième et ultime saison (en cours de diffusion sur France 2 de lundi pour ceux que ça intéresse) change totalement de sujet, même si l'ombre de Danny plane encore. Trois ans se sont écoulés, Hardy est de retour (oui, il était parti, non, je ne l'avais dit) et reforme son duo de choc (dans tous les sens du terme puisqu'il y a clairement choc des personnalités en plus d'une redoutable efficacité) avec Ellie pour enquêter sur le viol d'une femme. Encore une fois, une saison qui respire la joie et dont nous ne dévoilerons que le strict minimum.
 
Parce que c'est bien beau de vous pitcher la série 150 ans mais, concrètement, pourquoi est-elle aussi géniale ?
 
Le scénario :
 
Y a pas de secrets, pour faire une bonne série, il faut une bonne idée bien solide et cohérente au départ. Ca, Chris Chinball l'a bien compris. Et quand on sait qu'il est le nouveau showrunner de Doctor Who, on ne peut que se réjouir (surtout quand on voit les incohérentes subies à cause de Steven Moffat mais c'est un autre débat).
Non contente de parler d'affaires sordides, la série nous place au c½ur de problématiques actuelles parmi lesquelles la pédophilie, la façon de traiter les victimes de viol et j'en passe. Alors, oui, ce ne sont clairement pas les thèmes les plus joyeux au monde mais ils sont très bien traités, avec justesse, subtilité, pudeur aussi et surtout loin des clichés. Le pédophile de l'histoire n'est pas un pervers qui se masturbe avec un air dément dans les yeux, la victime de viol n'est pas une pin up de 20 ans trop court vêtu et j'en passe.
Avec le contexte actuel, ça fait du bien. Vraiment beaucoup de bien. On ne peut d'ailleurs que souhaiter à toute victime de viol d'être aussi bien traitée que le personnage de la série car on sait que c'est loin d'être le cas partout.
 
Le casting :
 
Un bon scénario c'est bien mais quand il servit par des acteurs de talent c'est mieux. Et c'est justement le cas ici. On retrouve donc David Tennant dans le rôle titre, acteur écossais sur lequel je ne tarie jamais d'éloges et Dixième Docteur de la fameuse série mais Olvia Colman que je ne connaissais absolument pas (shame on me) avant il y a trois ans et qui est simplement fantastique. Hardy était vraiment peu commode, Ellie, douce et compatissante mais qui sait s'imposer quand il le faut, a ma préférence depuis le début et ne fait que me surprendre en bien au fil des épisodes. Elle en frôlerait presque la perfection. Ce que je préfère ce sont ses piques adressées au taciturne Hardy et sa passion pour la nourriture, un trait que nous avons en commun.
Côté rôles secondaires on retrouve Arthur Darvill en prêtre (et quand on l'a connu en Rory centurion romain de Doctor Who croyez bien que ça change) et sa coiffure absolument horrible de la saison trois (détail, certes, mais visuellement important) ainsi que Jodie Withaker, le nouveau Docteur de toujours la même série. Autant dire que les Whovians sont servis.Et sinon, dans le désordre : la grande Charlotte Rampling en juge pour la saison 2, Marianne Jean-Baptiste de FBI : portés disparus en avocate ou encore David Bradley (Argus Rusard pour les Potterheads) dans un petit rôle lors de la saison une. Le charme anglais à l'état pur, accent écossais de David Tennant en prime.
 
Le reste :
 
Je l'évoquais plus haut en parlant de rythme relativement lent en comparaison avec les séries américaines et j'y reviens maintenant. Le fait est que la façon de filmer, la lumière, la musique, les décors, l'atmosphère, bref tout ce qui tourne autour sert incroyablement bien l'histoire. La série prend non seulement le temps de poser le décor et son ambiance mais aussi d'installer ses personnages, leurs relations, leurs non-dits. Alors, certes, il faut pouvoir apprécier ce rythme, surtout quand on a l'habitude du format traditionnel américain. Mais ça vaut le coup, de même que la musique d'un certain Olafur Nom Compliqué dont j'oublie justement le patronyme mais qui a su retranscrire dans ses notes l'atmosphère de la série.